AGRICULTURE – Plus de 26.000 ha de surface agricole touchée par les criquets selon le ministre de l’Agriculture et de l’élevage qui parle d’une situation d’alerte et non d’urgence

Antananarivo, 24 Mai, 9h55 – Harifidy Ramilison, ministre de l’Agriculture et de l’élevage, se veut rassurant. Le pays n’est pas dans une situation d’urgence face à l’invasion des criquets, souligne-t-il, au cours d’une rencontre avec la presse, lundi. Il parle plutôt d’une « situation d’alerte ».

A l’entendre, une superficie de 138.000 ha a pu être traitée contre les criquets jusqu’ici. Mais seuls « 20% de cette superficie constitue des surfaces agricoles ». Il ajoute que les récoltes sur ces terrains ne risquent pas forcément d’être perdues. « Ce n’est pas parce que les criquets sont passés sur certaines cultures que celles-ci vont être obligatoirement être ravagées », rassure-t-il.

Selon le ministre, plus de 3.000 ha des surfaces traitées sont localisées dans le Nord du pays, tandis que les 135.000 ha se situent dans le Sud et l’Ouest, notamment dans le Menabe, principale zone de concentration des essaims. Les aires grégarigènes, selon le Centre national de lutte anti-acridienne se concentrent dans les régions d’Ihorombe, de Menabe, d’Atsimo Andrefana, d’Anosy et d’Androy.

En fin de semaine dernière et ce week-end, les essaims ont été localisés au niveau de certaines zones sensibles, au bord de la mer d’Antsanitia et au niveau de zones de mangroves dans la région du Boeny. « Nous devons attendre que les essaims quittent ces endroits sensibles avant d’asperger les pesticides », avait indiqué Harifidy Ramilison sur la chaîne de télévision publique vendredi.

Pour l’instant, Madagascar dispose encore d’un stock de 20.000 litres de pesticides. Le ministre de l’Agriculture annonce l’arrivée de 45.000 autres litres vers mi-Juin. « Il n’y aura pas de rupture de stock de pesticides », assure-t-il. Il évoque l’arrivée par avion et non par bateau de la prochaine cargaison.

En Mars et en Avril, l’incertitude sur l’arrivée des pesticides avait amené les autorités à réduire les campagnes de pulvérisation, voire à les suspendre. Ce qui avait conduit au développement des essaims de criquets dont la recrudescence a été favorisée par les fortes pluies dues aux cyclones successifs qui ont traversé la Grande île cette saison.

Photo : Centre national de lutte anti-acridienne (IFVM)