AGROALIMENTAIRE – Le pesticide cancérigène détecté dans des glaces à la vanille retirés de la vente en France interdit d’utilisation à Madagascar, selon le ministre en charge de l’Agriculture

Antananarivo, 20 Juillet, 7h40 – L’oxyde d’éthylène (ETO) détectée dans les glaces à la vanille Häagen-Dazs retirées de la vente en France ne pourrait pas provenir de la Grande île, d’après le ministre de l’Agriculture et de l’élevage, Harifidy Ramilison. La raison est que ce pesticide est interdit d’utilisation et n’existe donc pas à Madagascar, explique-t-il en marge de la présentation du salon international Biofach auquel participeront des opérateurs malgaches d’ici quelques jours.
La nouvelle avait été évoquée une première fois dans les médias français. L’un d’entre eux avait rapporté que d’après l’enquête interne du groupe General Mills qui produit ces glaces, « la substance proviendrait d’extraits de vanille achetés à Madagascar ». D’autres médias soulèvent que « le fournisseur » d’extrait pourrait également travailler pour d’autres marques fabriquant de crèmes glacées.
Le ministre Harifidy Ramilison réplique que « ce sont généralement des gousses préparées qui partent de Madagascar ». Il indique qu’une fois exportés, les produits passent par « plusieurs chaînes de traitement auprès de nos clients à l’étrange ». Un membre du Conseil national de la vanille de Madagascar (CNV) ajoute qu’une analyse de résidus de pesticides est d’ailleurs entreprise avant chaque envoi.
Le CNV souligne être en train «d’enquêter » actuellement. « Nous ne savons pour le moment pas qui est ce fournisseur », confie notre source au niveau de ce conseil. Madagascar n’est d’ailleurs pas le seul exportateur de vanille sur le marché européen, rappelle-t-elle. Ce membre du CNV regrette que cet incident arrive à un moment où des mesures sont prises pour le bien et la pérennisation de la filière et le respect des règles.
Ce genre de situation ne fait que justifier l’opérationnalisation depuis ce mois de juillet de la plateforme « ePhythos », reprend de son côté le ministre Harifidy Ramilison. Il est en effet désormais possible aux négociants d’échanger des certificats « ePhythos » avec des dizaines de pays connectés à ce hub pour attester que les produits végétaux et à base de végétaux sont exempts de parasites et de maladies.