AIDE HUMANITAIRE – Le PAM alerte sur une possible interruption de ses interventions héliportées auprès des zones difficiles d’accès faute de financement
Antananarivo, 5 Mai, 12h00 – Un million de dollars à trouver d’urgence. C’est le montant dont le Programme alimentaire mondial (PAM) a besoin pour faire tourner son service d’hélicoptères destiné à approvisionner le Sud Est de Madagascar. Si cette organisation onusienne ne reçoit pas cette somme dans les prochaines semaines, les habitants les plus vulnérables de ces régions du pays risquent de ne plus pouvoir recevoir des aides. « Le PAM prévient qu’il interrompra son service d’hélicoptères dans le Sud-Est de Madagascar, à moins qu’il ne reçoive d’urgence un million de dollars », alerte l’organisation onusienne dans un communiqué.
Selon Pasqualina Di Sirio, directrice nationale du PAM à Madagascar, rapportée par le communiqué, sans ce fonds qui permettrait de « maintenir ce service essentiel », « les communautés isolées du Sud-Est sont hors de portée ». Pour elle, le service humanitaire aérien des Nations unies (Unhas) géré par son organisation est « plus qu’un service aérien, c’est une bouée de sauvetage ». Dans son communiqué, le PAM rappelle que « la plupart des zones touchées par le cyclone Freddy restent inaccessibles par la route des mois après son passage, et l’ensemble de la communauté humanitaire dépend du transport aérien pour accéder à la région en toute sécurité ».
Outre les différentes agences des Nations unies, diverses autres entités intervenant dans l’humanitaire bénéficient des services de l’Unhas. Joaquin Noterdaeme, coordinateur de terrain de Médecins du Monde à Mananjary, région de Vatovavy, confie par exemple au PAM que « grâce à ces vols, nous avons pu fournir du matériel médical de première nécessité à dix centres de santé situés dans les zones les plus isolées touchées par le cyclone Freddy, soit plus de 70 000 habitants ». Rappelant l’importance de ces vols, du moins jusqu’à la fin de la saison des pluies, il ajoute que « il faudrait des jours pour atteindre ces destinations par la route, et certaines d’entre elles ne sont pas accessibles par la route ».
En mars et en avril, le service aérien géré par le PAM et mis à la disposition de la communauté humanitaire de la Grande île a effectué 41 vols, transporté 522 passagers et 137 tonnes de fret vers 51 sites isolées et difficilement accessibles, voire inaccessibles par la route. Ces services ont été assurés par un hélicoptère Mi8 dont les vols ont été financés par l’Union européenne.