AIRE PROTEGEE – Le ministère de l’Environnement détruit les pieds de maïs illégalement plantés dans la réserve naturelle d’Andranomena

Antananarivo, 11 Février, 10h50 – « Les cultures illégales en plein cœur des aires protégées seront détruites de la même manière que les chercheurs d’or et les charbonniers exploitant le noyau dur des forêts en sont expulsés ». Les propos de Vahinala Baomiavotse Raharinirina, ministre de l’Environnement et du développement durable, expliquent les raisons qui ont amené son département à procéder à la destruction des plantations de maïs qui se trouvaient au sein de la réserve spéciale d’Andranomena la semaine dernière.
Selon la ministre en charge de l’Environnement, les cultures détruites s’étendent sur une superficie de 5ha. L’opération a été menée par les agents de la direction régionale de l’Environnement et du développement durable en collaboration avec les militaires de la Région militaire n°5 (RM5) et avec l’appui de Madagascar national parks (MNP).
« Le MEDD entend faire respecter la loi afin de protéger nos ressources naturelles », poursuit encore la ministre. Elle évoque également la mobilisation des autres acteurs et secteurs pour proposer des alternatives économiques durables, pour de l’accompagnement social, pour intégrer la dimension humaine et sociale ». Elle dit également s’insurger « contre les entreprises qui financent la production de maïs dans les zones protégées »
La réserve naturelle d’Andranomena fait partie de l’aire protégée Menabe Antimena dont il ne reste plus aujourd’hui que « 100.000 ha sur les 200.000 ha qui constituaient autrefois cette aire protégée unique au monde », rappelle la ministre. Celle-ci indique que « environ 100.000 ha ont été défigurés, calcinés, massacrés, dégradés majoritairement par la culture sur brûlis de maïs, un peu par le charbon et la coupe illicite de bois ».
A l’en croire, « le massacre a commencé en 2016 et laisser continuer comme cela, au nom soi-disant de la compassion est un crime contre l’humanité, un crime environnemental contre le peuple du Menabe ». Elle souligne que si la situation n’est pas maîtrisée, le Menabe sera privé d’eau, de biodiversité pour le tourisme, de plantes médicinales, d’agriculture et connaîtra surtout une grande sécheresse et le réchauffement climatique ».
Photo : Ministre de l’Environnement et du développement durable