AMBOANGIBE SAMBAVA – Des gendarmes tirent mortellement sur deux individus au cours de ce que la gendarmerie qualifie de « rébellion » et de « tentative de vindicte populaire »
Antananarivo, 25 Avril, 12h45 – Deux personnes ont été abattues par des gendarmes samedi devant la caserne de la brigade de la gendarmerie à Amboangibe Sambava, annonce le service de l’information et de la communication de la gendarmerie. Selon la gendarmerie, les victimes auraient participé à un mouvement de foule réclamant la « libération d’un suspect qu’il fallait tuer et non envoyer à la justice ». Qualifiant le mouvement de « rébellion », le service de l’information et de la communication de la gendarmerie indique que « les gendarmes ont dû tirer en l’air pour disperser les rebelles mais ces derniers ont continué à avancer tout en lançant des pierres ». Un gendarme, frappé par une pierre, a également été blessé, indique encore le communiqué de la gendarmerie.
Selon la gendarmerie, le mouvement aurait été déclenché à la suite de l’arrestation d’un individu soupçonné d’avoir pris part à l’homicide d’un médecin particulièrement apprécié par les habitants de la région le 21 Avril dernier. Deux hommes avaient déjà été arrêtés dans le cadre de cette affaire, et les enquêtes ont conduit à l’arrestation d’un troisième suspect, celui dont la foule aurait réclamé la tête samedi. Depuis le mouvement, les trois suspects ont été transférés dans un endroit que la gendarmerie n’a pas précisé.
A en croire le service de l’information et de la communication de la gendarmerie, des enquêtes ont été ouvertes autant sur la mort des deux civils suite aux tirs des gendarmes mais aussi sur le mouvement de foule. « La gendarmerie ne pratique pas le corporatisme, et des mesures seront prises aussi bien contre les gendarmes que contre les rebelles si des fautes sont établies », souligne le communiqué de la gendarmerie. Celle-ci appelle par ailleurs la population à « ne pas effectuer de vindicte populaire devant les gendarmes même si le suspect est un bandit car cela remet en cause et écorne l’image des forces de l’ordre, des autorités et du peuple malgache devant le monde entier ».