ART CONTEMPORAIN – L’oeuvre de Joël Andrianomearisoa, une structure en métal, érigée en plein coeur de la capitale invite au rêve et appelle à rêver

Antananarivo, 10 Octobre, 11h30 – Une structure métallique haute de 8m. Dessinée dans des formes géométriques identiques, presque symétriques. Surmontée sur un support en béton. Une architecture résolument moderne supportant des lettres formant une phrase, un brin philosophique, au style grammatical complexe. « Eto isika dia manandratra ny nofin’izao tontolo izao ».
⭕La complexité, c’est bien le style de Joël Andrianomearisoa, un artiste contemporain, de ceux que les gens disent souvent avoir du mal à comprendre. Cette oeuvre, que l’artiste va offrir en exposition permanente à la Ville d’Antananarivo et qui a été officiellement dévoilée samedi, apparaît pourtant comme l’une de ses oeuvres les plus faciles à lire. Un assemblage de métaux dessiné comme un support d’étagères sur lesquels sont rangées des lettres invitant aux rêves. Aux rêves du monde. Et pourquoi pas à rêver le monde.
⭕ »Eto isika dia manandratra ny nofin’izao tontolo izao » est une exposition que Joël Andrianomearisoa a donné à voir en 2020 à la galerie Hakanto Contemporary et à laquelle ont participé une dizaine d’artistes. Un peu plus d’un an plus tard, l’artiste, architecte de formation, transpose son oeuvre devant l’Hôtel de Ville de la capitale avec l’appui du Fonds Yavarhoussen et en collaboration avec la Commune urbaine d’Antananarivo. Histoire d’amener les Tananariviens mais aussi tous ceux qui passent sur cet esplanade à rêver, en tout cas, à penser à autre chose qu’à leurs soucis quotidiens.
⭕ »Si nous ne rêvons pas, nous ne créons pas », indique sobrement l’artiste. L’adage ne dit-il pas que tout commence par un rêve ? Affirmant ne pas avoir de solutions aux difficultés que traversent les Malgaches, l’artiste propose, avec son oeuvre, une plateforme où chacun pourrait porter ses rêves.
⭕La plateforme ne se veut pourtant pas exclusive. Elle ne veut pas être la seule où seront portés les rêves du monde. Juste une plateforme parmi d’autres. « Eto isika dia manandratra ny nofin’izao tontolo izao ». « Ici, nous portons les rêves du monde ». Écrire « C’est ici que nous portons les rêves du monde » ou « Eto isika no manandratra ny nofin’izao tontolo izao » aurait sans doute paru présomptueux.