ASSAINISSEMENT – Les autorités rassurent sur la qualité de l’eau potable à Ambohidratrimo après l’enfouissement des boues issues du curage du Canal C3

Antananarivo, 25 Août, 8h45 – Des analyses qui se veulent rassurantes sur la gestion des boues du canal C3. Le ministère de la Décentralisation et de l’aménagement du territoire (MDAT), en partenariat avec la Banque mondiale et les parties prenantes du Projet de Développement Intégré et de Résilience (Produir), a restitué vendredi les résultats des études environnementales menées sur la gestion des boues issues du curage du canal C3 et de ses bassins tampons.

Réalisées par le Centre de recherches et d’études sur l’environnement (CREE) de l’Université d’Antananarivo, ces analyses montrent une amélioration nette de la qualité physico-chimique des boues après traitement, confirmant l’efficacité des infrastructures mises en place sur le site de prétraitement à Anosibe et celui de confinement à Iarinarivo. Les résultats soulignent notamment l’efficacité du système de décantation et de filtration installé à Lemena, où la qualité des boues traitées s’est considérablement améliorée.

À Anosibe, le bassin tampon reste fortement affecté par une pollution organique et métallique, conséquence de décennies d’utilisation du canal C3 comme dépotoir sauvage. En revanche, les analyses des eaux de puits d’Ambohidratrimo confirment leur conformité aux normes de potabilité, démontrant que les opérations du Produir n’ont pas entraîné de contamination. “Nous pouvons affirmer que le traitement des boues apporte des résultats positifs et mesurables”, déclare Haja Rasolofojaona, coordonnateur du projet, insistant sur le suivi régulier effectué tous les 15 jours.

Les travaux réalisés comprennent la mise en place de bassins de stockage, de filtres à presse et d’un bassin de rétention d’eau recyclée à Lemena, ainsi que la création de casiers étanches de 74 500 m³ à Iarinarivo pour le confinement des boues. Lionel Rakotonirina, chef de projet à l’Agence d’exécution des travaux d’intérêt public et d’aménagement (Agetipa), souligne que “les infrastructures mises en œuvre respectent les normes internationales et permettent d’éviter tout débordement ou contamination environnementale”. Les plaintes exprimées par certaines communautés riveraines ont été prises en compte, mais aucune incidence directe liée au stockage des boues n’a été constatée.

La rencontre organisée au siège du ministère a réuni l’ensemble des parties prenantes, des institutions publiques aux représentants de la société civile et des communautés locales. Elle fait suite à une première restitution publique à Ambohidratrimo le 14 août dernier. Les prochaines étapes prévoient la poursuite des travaux de curage, un suivi systématique des analyses des boues et des eaux tous les quinze jours, ainsi que la livraison des infrastructures finales d’ici juin 2026. Le Produir entend ainsi démontrer qu’une gestion moderne et contrôlée des déchets urbains est possible, contribuant à la résilience et au développement durable du Grand Antananarivo.