BUDGET – L’Assemblée nationale adopte le projet de loi de finances rectificatives et fait augmenter son budget sans en donner les détails

Antananarivo, 30 Juin, 13h50 – Le projet de loi de finances rectificatives (PLFR) passe le cap de l’Assemblée nationale non sans avoir été amendé par les députés. Lors des travaux de commission, ces derniers ont fait augmenter le budget de l’Assemblée nationale, et la séance plénière a adopté le texte sans rien changer aux propositions de la commission.
« L’amendement porte sur une augmentation du budget de l’Assemblée nationale, et par une baisse correspondante du budget inscrit au titre du ministère de l’Economie et des finances », confirme une source auprès du ministère de l’Economie et des finances. Celle-ci indique encore être en train d’élaborer le procès-verbal de la réunion et confie ne pas être en mesure de donner les détails de l’amendement.
L’Assemblée nationale, elle, est restée discrète sur le changement que les élus ont adopté. La modification n’a même pas été présentée durant la séance plénière. Christine Razanamahasoa, présidente de l’Assemblée nationale, a bien demandé à ce que l’annexe relatif à l’amendement porté lors des travaux de commission soit lu après la lecture du procès-verbal de ces travaux par le député Narson Rafidimanana. Mais elle a changé d’avis après qu’une personne lui a chuchoté à l’oreille pendant la séance plénière.
Dans la version initiale du projet de loi de finances rectificatives, le budget de l’Assemblée nationale est de 50.527.125.000 ariary. Dans la loi de finances initiales, il s’élevait à 50.658.125.000 ariary, soit une différence de 131 millions d’ariary. Cette baisse prévue par le projet de loi de finances concerne principalement les dépenses de fonctionnement liées aux biens et services.
Selon une analyse effectuée par le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes, la baisse du budget affecte la majorité des ministères et des institutions pour un montant de 11.025,8 milliards d’ariary, soit une baisse de 4% du budget de l’Etat. Les ministères les plus affectés par la baisse sont le ministère des Postes, des télécommunications et du développement numérique (-56,9%), celui de l’Industrie, du commerce et de l’artisanat (-59,3%) et celui de l’Environnement et du développement durable (-33,2%).
Le CCOC déplore également « une baisse inquiétante du budget des secteurs sociaux », cumulant une diminution de 316,2 milliards d’ariary. Les départements et institutions à avoir connu une hausse de leur budget sont le ministère des Transports, du tourisme et de la météorologie (+139,3%), le ministère de la Population, de la protection sociale et du planning familial (+27%), le ministère de l’Economie et des finances (+15,5%) ainsi que la présidence (+3%).
Photo : Assemblée nationale