BUDGET – Les recettes pétrolières propulsent les prévisions douanières à 5 202 milliards d’ariary

Le commerce classique recule, le secteur pétrolier compense. Le ministère de l’Economie et des finances prévoit d’engranger 176 milliards d’ariary de recettes douanières supplémentaires par rapport à ses estimations initiales. La nouvelle barre dans le projet de loi de finances rectificative (PLFR) est fixée à 5 202 milliards d’ariary contre les 5 026 milliards prévus dans la loi de finances initiale (LFI) 2026.

L’apport des produits pétroliers s’avère déterminant puisqu’ils carbureront davantage les finances publiques. La forte réévaluation de ce secteur devrait injecter un supplément massif de +450,693 milliards d’ariary dans les caisses de l’État par rapport aux prévisions initiales du ministère des Finances. Cette impulsion est portée par la TVA sur les produits pétroliers, qui bondit de +52,08 %, soit +431,551 milliards d’ariary, épaulée par une progression de +6,09 % de la Taxe sur les produits pétroliers, avec +19,142 milliards d’ariary par rapport à la prévision initiale.

Sans le secteur pétrolier, les recettes douanières auraient plongé dans le rouge vis-à-vis des prévisions initiales. La fiscalité sur le commerce de marchandises traditionnel devrait subir un net coup de frein, avec une prévision qui connaît une baisse à -273,957 milliards d’ariary. C’est surtout engendré par le repli de la TVA à l’importation et des droits de douane de base, détaille le ministère en charge des finances.

Toutefois, malgré la forte poussée du secteur pétrolier, la structure globale des recettes douanières restera dominée par le commerce traditionnel. Sur les 5 202 milliards d’ariary attendus, 69 % sont tirées par la taxation des importations de produits non pétroliers, contre 31 % pour la taxation des importations de produits pétroliers.

Le relèvement des prévisions de recettes douanières à 5 202 milliards d’ariary s’appuie ainsi sur un ensemble de leviers macroéconomiques et de réformes structurelles bien précis. Cette trajectoire budgétaire est d’abord sous-tendue par une croissance économique estimée à +3,8 % et par des flux d’importations calibrés sur la poursuite des projets d’industrialisation et de substitution par la production locale.

Pour sécuriser ce montant, le ministère s’appuie également sur des gains d’efficacité rigoureux, notamment la rationalisation des dépenses fiscales et de nouvelles mesures tarifaires d’un impact de 295,58 milliards d’ariary. Ce département mise également sur l’amélioration de la gestion du transit, ainsi que le recouvrement ciblé de 50 milliards d’ariary sur les importations du secteur public. Puis, il y a la perception de 22,9 milliards d’ariary au titre des droits de douane additionnels et la mobilisation de la part contributive de la Douane sur les redevances minières, que le ministère détaille dans ce PLFR 2026.