CARBURANT – L’Etat doit au moins 550 milliards d’ariary aux pétroliers suite au gel des prix des carburants à la pompe depuis 2019, explique Baomiavotse Vahinala Raharinirina
Antananarivo, 13 Juillet, 11h40 – Le montant du passif de l’Etat envers les pétroliers sur les carburants enfin dévoilé. « L’Etat doit 550 milliards d’ariary aux pétroliers depuis Janvier jusqu’en début Juillet », indique Baomiavotse Vahinala Raharinirina, directrice de cabinet civile de la présidence, expliquant en long et en large sur sa page Facebook la situation actuelle ayant mené à la hausse des prix du carburant.
Selon la responsable, les dettes pourraient grimper jusqu’à 1.200 milliards d’ariary jusqu’à la fin de l’année si les prix des carburants n’avaient pas été revus à la hausse. Une situation intenable car « ce montant équivaudrait au budget du PIP ou programme d’investissement public de 30 ministères en un an ». Selon elle l’Etat devait donc choisir entre « payer la dette des pétroliers ou faire des programmes de développement ».
Le montant exact de ce passif n’a jamais été dévoilé par les autorités. Le ministre de l’énergie et des hydrocarbures indiquait en Août 2021 que le passif s’élevait autour de 40 milliards d’ariary. En Mai 2022 le ministre de l’Energie soufflait que la somme dépasse un peu plus les 100 milliards d’ariary mais que le montant exact devait encore être débattu entre les pétroliers et l’Etat en négociation depuis le début de l’année. Andry Ramaroson indiquait « une différence de points de vue » entre les deux parties à ce sujet.
L’explosion du montant du passif est le fruit de l’administration des prix par l’Etat. Selon Baomiavotse Vahinalala Raharinirina, « les prix de plus de la moitié des 100.000.000 de litres de besoins mensuels en carburant de la Grande île sont administrés ». Soit le carburant distribué dans les stations-services. Depuis 2019 Madagascar n’a pas changé ses tarifs de carburant malgré les hausses et les baisses sur le marché international.
En 2020 alors que le cours du pétrole était à un niveau très bas, l’Etat n’a pas bougé les prix afin d’apurer son passif envers les pétroliers qui s’élevait à 120.milliards d’ariary à l’époque. Celui-ci a pu être totalement épongé avant de s’accumuler depuis 2021 quand le cours du pétrole a à nouveau augmenté. Pour l’instant, la directrice de cabinet de la présidence ne précise pas comment ce passif de 550 milliards d’ariary sera apuré, ni comment les dettes qui vont être générées par le gap entre le prix actuel à la pompe et le prix réel qui n’est pas encore appliqué seront réglées.