CODE PENAL – Le ministre de la Justice explique aux prisonniers de Farafangana le mécanisme de la détention préventive

Antananarivo, 26 Août, 18h57 – « Si c’est le procureur qui vous a placé en détention, sachez que s’il ne transmet pas le dossier au juge ou au juge d’instruction, vous ne devez être détenu que pour une durée de trois mois. Au-delà, si personne ne vous en a informé, c’est de la détention arbitraire ». Les déclarations de Johnny Andriamahefarivo, ministre de la Justice, devant les prisonniers de Farafangana, ont été accueillies par une salve d’applaudissements par les détenus auxquels il a rendu visite mercredi.
Descendu dans la capitale de la région Atsimo Atsinanana pour s’enquérir de la situation sur place après l’évasion meurtrière de 88 détenus de la prison de Farafangana, le ministre de la Justice a tenu à « éclairer les détenus sur la loi ». Dans les rapports qui lui ont été soumis, les ajournements répétés des procès, prolongeant de fait leur détention, font partie des motifs ayant conduit les prisonniers à s’évader.
« Si c’est le juge d’instruction qui vous place en détention, la durée de la détention est de six mois. Si les six mois expirent, s’il n’y a pas de renouvellement du mandat de détention, vous pouvez sortir », explique-t-il devant les détenus. « S’il y a renouvellement, la durée est encore de six mois. Il y a encore une possibilité de renouveler pour trois mois », poursuit-il.
Le Garde des sceaux de la République explique cette durée plus ou moins longue de la détention préventive par la nécessité d’attendre le juge qui vient de Fianarantsoa. Mais dans son allocution, Johnny Andriamahefarivo a donné d’autres exemples pouvant conduire aux ajournements répétés des procès, prolongeant jusqu’à trois, quatre ans,a la durée de la détention préventive.
Pour le ministre de la Justice, « les détenus ont le droit de connaître le droit et le personnel de l’administration pénitentiaire et celui de la Justice en général ont le devoir de les aider à connaître leurs droits », rapporte un communiqué sous format de video publié sur le site du ministère de la Justice.
Photo : Capture d’écran d’une video du ministère de la Justice