Antananarivo, 1er Octobre, 13h55 – La Loi sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique (Agoa) a officiellement expiré le 30 septembre. Aucune législation de renouvellement n’a été adoptée avant son échéance. Madagascar, comme les autres bénéficiaires de ce programme de préférences commerciales doivent donc temporairement faire face aux droits de douane standard américain. Et jusqu’à ce que le Congrès américain légifère sur un éventuel sursis de l’Agoa à rattacher à une loi budgétaire d’urgence.
Des sources qui suivent de près ce dossier, en particulier pour Madagascar, font en effet part de l’existence de signes encourageants indiquant que l’Agoa pourrait être renouvelée plus tôt que tard. Des projets de loi seraient en cours de préparation pour son renouvellement de manière rétroactive.
Sans l’Agoa, des taxes douanières sont désormais appliquées aux produits malgaches qui entrent aux Etats-Unis, en attendant l’adoption du budget interne de ce pays. Déjà, il y a à considérer la taxe NPF ou le droit de douane standard, avec des taux qui changent par produit. Auxquels s’ajoute le droit additionnel au droit de douane qui est fixé à 15% pour Madagascar.
Pour le cas des produits textiles et habillement par exemple, sur lesquels Madagascar est le plus impacté, le tarif appliqué dans une décision douanière américaine est de 14,9% pour un tissu tissé en polyester. Il est de 12,1% ad valorem pour une robe en coton tricoté et de 10,3% pour un tissu à 100% coton dans un cas de ruling. Aussi, pour ces trois articles en provenance de Madagascar, les taux atteindront respectivement à 29,9%, à 26,1% et à 27,1%.
Pour la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), l’expiration de l’Agoa engendrera un impact cumulé pour les économies éligibles. Des droits de douane propres à chaque pays et à chaque secteur s’appliqueraient donc, en plus des taux de la Nation la plus favorisée, au lieu du traitement préférentiel actuel.
Cette hausse soudaine des droits de douane pourrait perturber les relations commerciales de longue date et désavantager gravement les exportateurs africains, en particulier dans les secteurs hautement protégés comme le textile et l’habillement, où l’Agoa a jusqu’à présent fourni un accès essentiel au marché. La Cnuced prend l’exemple du Kenya qui verrait ses droits de douane moyens pondérés par les échanges américains presque tripler, passant de 10 % à 28 %. Pour Madagascar, il doublerait pour atteindre 23 %.
Aussi, la Cnuced soutient alors que la compétitivité des exportations de l’Afrique sur le marché américain pourrait rapidement s’éroder à un moment où la concurrence pour d’autres marchés d’exportation s’intensifie à l’échelle mondiale, sans le renouvellement de l’Agoa. C’est pourquoi la Cnuced insiste sur l’importance d’accélérer la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) qui pourrait contribuer à atténuer cette situation ; bien que ce réajustement serait difficile et nécessiterait beaucoup de temps, lance-t-elle.
