Arbitrage décisif autour de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les intérêts bancaires. Initialement réinstaurée par la loi de Finances pour 2025 aux taux de 20% et actuellement suspendue, sa suppression est désormais officiellement envisagée par le ministère de l’Économie et des finances (MEF). Cette mesure avait été au cœur des débats lors de la rencontre organisée jeudi par le Jeune Patronat de Madagascar (JPM), centrée sur la thématique du “paradoxe du financement à Madagascar”.
Bien que le ministère soutienne cette suppression pour alléger le coût du crédit, la décision finale repose sur la validation du Parlement. L’enjeu est de lever les barrières fiscales pesant sur les financements par caisse et par signature (découverts, crédits d’équipement, etc.) afin de dynamiser l’investissement privé. L’objectif pour le ministère est alors double. Il s’agit de contenir le coût du crédit pour éviter une hausse des taux débiteurs d’une part et de soutenir la résilience des entreprises, de l’autre.
L’Etat avait décidé en 2025 la réinstauration d’une TVA aux taux de 20% sur les intérêts perçus par les établissements de crédit. Cette mesure, issue de la Loi de Finances pour 2025, visait à accroître les recettes de l’État en taxant les produits d’intérêts des financements par caisse et par signature, tels que les découverts, les crédits commerciaux ou le crédit-bail.
Si les crédits à la consommation pour les particuliers et les activités des institutions de microfinance restent exonérés, la taxe s’applique sur le montant brut des intérêts dès leur perception. Pour préserver la sécurité juridique néanmoins, la mesure n’est pas rétroactive. Elle ne s’applique ni aux contrats signés avant l’entrée en vigueur de la mesure, ni aux intérêts perçus avant la date de signature de la circulaire.
La non application de cette TVA aux intérêts prélevés par les institutions de microfinance et aux intérêts de prêt personnel était décidée pour 2026. C’est une des nouvelles mesures concernant les impositions dans la loi de Finances pour cette année. Et elle pourrait donc être définitivement supprimée, selon l’annonce que le ministère vient récemment de faire.
Le ministre Herinjatovo Ramiarison a par ailleurs souligné la persistance des difficultés liées à l’accès au crédit lors de la rencontre avec le JPM. Face à ce constat, l’État s’engage dans une stratégie multidimensionnelle visant à atténuer les risques inhérents au marché, optimiser l’offre de produits financiers et à renforcer la bancabilité des projets afin de faciliter l’octroi de financements. Il avait également fait part de la volonté du Gouvernement à poursuivre les efforts pour la diversification des sources de financement et l’assainissement du climat des affaires. Une dynamique qui vise à fluidifier l’accès aux capitaux et à dynamiser l’écosystème entrepreneurial malgache, explique-t-il.













