COMMERCE – La route entre Sambava et Andapa barrée par des planteurs de vanille en colère, l’organe mixte de conception de la région mène une mission de négociation auprès des paysans pour rétablir la circulation

Antananarivo, 14 Juillet, 18h00 – Des planteurs de vanille de la Sava mécontents. Depuis mercredi, ils ont manifesté leur colère en barrant la route, paralysant ainsi la circulation. Ce jeudi matin, ce sont des paysans de la d’Ambodiampana, sur la route reliant Sambava à Andapa qui sont sorties dans la rue. « Ils ont placé leur vanille et des blocs de pierre au milieu de la chaussée », raconte Bruno Mbe, maire de cette localité du district de Sambava. « Le barrage est resté pendant quatre heures et aucune voiture n’a pu passer », poursuit encore notre interlocuteur. Les paysans de Maroambihy, eux, ont manifesté depuis mardi.
A en croire notre source, les paysans déplorent qu’une semaine après l’ouverture de la campagne de commercialisation de la vanille verte, leurs produits ne trouvent toujours pas preneurs. Certains réclament que le prix plancher fixé par le gouvernement soit levé pour que les acheteurs viennent et négocient eux-mêmes les prix avec les paysans. D’autres demandent que l’agrément soit donné aux acheteurs déjà habitués au marché pour leur permettre d’acheter les produits.
Il a fallu l’intervention des élus ainsi que des forces de l’ordre pour que les barrages soient levés ce vendredi. Un député s’est déplacé sur les lieux de la manifestation pour négocier avec la foule en colère. Des négociations ont également été menées par l’organe mixte de conception (OMC) de la région, dirigé par le préfet de Sambava, la direction régionale du commerce ainsi que les forces de l’ordre pour convaincre les manifestants de cesser leur mouvement. Si côté des forces de l’ordre, il est mentionné qu’il est urgent de trouver des acheteurs de la vanille de paysans.
La problématique de la vanille sans preneur est pourtant quasi-généralisé dans la Sava, confie Edizard, député élu à Vohémar. Dans sa circonscription, les acheteurs sont aussi rares. A Manakana, dans la commune rurale de Tsarabaria, sur les 4,5 tonnes de gousses de vanille verte exposées sur le marché contrôlé, seule une tonne a pu être vendue une semaine après l’ouverture de la campagne. A Ambinagny Andravory, l’une des communes les plus reculées du district de Vohémar, les paysans n’ont même pas encore vendu un kilo.
Le coût de 75.000 ariary imposé par l’Etat semble prohibitif pour certains acheteurs de vanille verte. Dans l’Analanjirofo, seuls les paysans membres des coopératives peuvent vendre leur vanille sans problème. Ceux qui ne sont rattachés à aucune organisation ont également des difficultés pour écouler leur vanille. Afin d’éviter que les gousses ne moisissent, ils sont obligés de vendre en dessous du prix indiqué aux collecteurs et démarcheurs qui n’achètent pas au prix fixé par l’Etat, confie une source sur place. Sur sa page Facebook, le ministère entend jouer la transparence et détaille dans un tableau le tonnage des produits vendus et le nom des entreprises qui les a achetés au prix imposé.
Lors de la cérémonie officielle de lancement de la campagne, les autorités ont encore rappelé que le non-respect du prix minimum fixé par l’Etat expose les acheteurs à des sanctions. Dans son allocution, le ministre en charge du Commerce, Edgard Razafindravahy a également recommandé aux planteurs de ne pas vendre leurs produits en dessous du coût préconisé par les autorités. Les opérateurs peuvent exercer librement dans ‘a filière vanille, mais « il faut suivre les règles, dont le respect du prix plancher de 75.000 ariary le kilo de la vanille verte », avait-il soulevé.