Antananarivo, 23 Septembre, 15h40 – L’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC) annonce l’imposition d’un droit additionnel ad valorem sur certaines importations d’huiles végétales, appliqué progressivement sur quatre ans. Le calendrier publié par l’ANMCC indique un taux élevé à 17,5 % en 2026. La mesure s’applique aux positions tarifaires listées dans l’avis officiel et s’accompagne d’une procédure de Déclaration Préalable d’Importation (DPI) validée par l’ANMCC.
L’ouverture de l’enquête de sauvegarde, notifiée à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) l’année dernière, résulte d’une requête de la branche nationale qui pointe du doigt une hausse significative des importations et un dommage grave aux producteurs locaux. La notification OMC détaille des baisses de production nationale et des pertes de parts de marché liées à l’afflux d’huiles importées, et précise la liste des pays exportateurs principalement concernés par la concurrence : l’Argentine, l’Égypte et la Malaisie.
L’enquête a prévu de recueillir observations et données des parties intéressées avant une décision finale.
Sur le contexte international, le marché mondial des huiles végétales (palme, soja, tournesol) a connu des tensions d’offre et une forte variabilité des prix ces dernières années, facteurs qui expliquent en partie l’afflux d’importations vers des marchés petits et ouverts comme Madagascar. Des décisions politiques, comme la hausse des mandats biodiesel en Indonésie, des limites de production et une demande accrue expliquent la pression sur les marchés et la volatilité des prix, incitant certains importateurs à rechercher des sources moins chères. Ces dynamiques pèsent sur la compétitivité des raffineries locales et motivent les autorités à protéger la filière nationale.
Cette taxe additionnelle devrait rendre plus onéreuses certaines huiles importées, ce qui pourrait conduire à une hausse des prix pour les consommateurs à court terme mais aussi à une réduction progressive des importations hors exemption. L’avis prévoit des exemptions pour les huiles brutes destinées à la raffinerie et une liste d’exclusions pour plusieurs pays en développement. L’ANMCC invite importateurs, producteurs et distributeurs à se conformer à la date préalable d’importation via le système Module d’information des Douanes, agences et des contrôles (Midac) et à participer à l’enquête en fournissant éléments et commentaires pendant les délais impartis.
