COMPÉTITIVITÉ – Les réformes du secteur de l’énergie à accélérer selon la Banque africaine de développement

Antananarivo, 27 Août, 10h33 – La Banque africaine de développement (BAD) fait part de l’importance pour la Grande île d’accélérer les réformes du secteur de l’énergie. L’objectif est améliorer la compétitivité de l’économie du pays, expose cette institution financière de développement, dans son rapport pays 2024 sur Madagascar.
Ces réformes concernent notamment le redressement de la Jirama, la compagnie nationale d’eau et d’électricité de Madagascar. Mais elles impliquent également la mise en place d’un organe régulateur du secteur de l’électricité ou encore la promotion des énergies renouvelables, avance la BAD dans ce document.
La BAD fait remarquer que le réseau d’infrastructures de transport et d’énergie est vétuste et peu développé à Madagascar. Le secteur de l’énergie, en particulier, reste caractérisé par un faible taux d’accès à l’électricité à 33% en 2023. Ce qui est en deçà de la moyenne en Afrique à 50,6%. Cette situation freine fortement les investissements à plus grande échelle dans les secteurs à forte valeur ajoutée, devant contribuer à accélérer la transformation structurelle, selon la BAD. D’où la nécessité de doter le pays d’infrastructures durables, d’après ses explications.
La Banque africaine de développement n’est pas la seule à insister sur l’importance des réformes à entreprendre dans le secteur de l’énergie. Dans le Cadre de partenariat pays (CPF) 2023-2027 qui la lie avec Madagascar, la Banque mondiale avait également déjà avancé des réformes pouvant être menées dans le secteur, en avançant une approche à trois niveaux. L’une d’entre elles veut que le pays entreprenne une réforme de l’ensemble du secteur, comprenant entre autres l’accélération de l’accès à l’électricité dans les zones rurales par le développement des activités de densification et d’extension du réseau, les mini-réseaux et les solutions hors réseau.
Le pays peut également choisir une réforme partielle du secteur, consistant en la mise en œuvre de réformes axées sur le développement de l’accès à l’électricité dans les zones rurales par le biais de produits hors réseau et de mini-réseaux, tout en réduisant ses investissements directs ou ses actifs. Cela pourrait inclure des réformes sur la réglementation et le renforcement des capacités dans le secteur, le développement avec l’Agence pour le développement de l’électrification rurale (Ader) et le secteur privé de mini-réseaux dans les zones rurales, ainsi que l’expansion du marché solaire hors réseau dans les zones éloignées et isolées.
Des réformes dans le secteur de l’énergie, en particulier la refonte de la Jirama, sont par ailleurs jugées essentielles par le Fonds monétaire international (FMI). Cette institution soutient que l’absence de progrès sur le front des réformes structurelles et de gouvernance, notamment pour la Jirama, continuerait de peser sur les finances publiques et nuirait à la confiance et à l’investissement extérieurs.