CONFLITS- La Délégation de l’Union européenne estime que la situation en Ukraine n’est pas comparable avec la problématique des « Iles Eparses »

Antananarivo, 9 mars, 15h27 – La vérité d’un cas n’est pas celle d’un autre. La Délégation de l’Union européenne pense qu’il ne faut pas comparer la position prise par les pays et organisations dans le conflit en Ukraine avec le règlement du différend territorial entre Madagascar et la France sur les « Iles Eparses ».

« Mettre sur le même niveau une discussion sur des revendications territoriales sur des îlots non habités avec l’invasion d’un pays, la destruction de ville, des infrastructures, les attaques contre les civiles et la mort de soldats des deux côtés. (…) ce n’est pas la même chose », affirme Giovanni Di Girolamo, ambassadeur de la Délégation de l’Union européenne, face à la presse, ce mercredi.

« Il ne faut pas non plus comparer des choses incomparables. En Ukraine (…) il y a une guerre. La question des Iles Eparses c’est un contentieux sur des îlots qui ne sont pas habités », avance Giovanni Di Girolamo. « Les présidents des deux pays ont décidé de créer une commission pour en discuter pacifiquement et civilement. C’est une question entre Madagascar et la France qui se discute d’une façon pacifique normale », poursuit-il. « Il faut éviter de tomber dans un piège toujours de voir les choses dans une optique très personnelle (…) il faut regarder les proportions », ajoute-t-il.

La question sur la posture des pays et organisation demandant la condamnation de l’invasion russe en Ukraine par Madagascar a, notamment, été posée par Florent Rakotoarisoa, président de la Haute cour constitutionnelle (HCC). Ce dernier a, entre autres, laissé entendre le manque de soutien aux revendications malgaches pour la restitution des « Iles Eparses ».

La Délégation de l’Union européenne rappelle en même temps que l’abstention malgache lors du vote de la résolution onusienne qui « déplore dans les termes les plus énergiques l’agression commise » par Moscou contre l’Ukraine le 2 mars est « respectée ». « On ne va prendre aucun type de rétorsion contre Madagascar », assure Giovanni Di Girolamo. « Maintenant, c’est du passé. Il faut regarder devant nous », continue-t-il.

La Délégation de l’Union européenne espère toujours un revirement de la position malgache dans le dossier ukrainien. « On ne peut pas exclure qu’à un certain moment, un pays peut changer sa position en observant la situation (…) chaque gouvernement peut changer de position selon le développement de la situation », aspire-t-il, en rappelant la position de Madagascar lors de la crise de Crimée. « En 2014 Madagascar a voté pour la résolution condamnant l’agression russe en Ukraine cela veut dire une fois la position de Madagascar a changé. Bien sûr c’est un autre gouvernement», précise-t-il.

Le Premier ministre Christian Ntsay avait indiqué la politique malgache « établissant des relations avec tout le monde, que ce soit en occident ou avec la Russie », la veille du vote aux Nations unies. Il avait affirmé que les Malgaches « choisissent de coopérer avec tous les Etats » et qu’« il n’y a plus de partialité [en faveur d’un ou plusieurs pays ou organisation] ». Il avait ajouté que Madagascar suit de près l’évolution de la situation.

C’est au lendemain du vote de la résolution des Nations Unies que la Grande île a exprimé « son extrême préoccupation pour les populations civiles et témoigne sa solidarité envers les victimes et leurs proches ». Dans un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères, Madagascar a invité « toutes les parties à éviter de prendre des décisions irréversibles pouvant entraîner davantage de pertes humaines et des conséquences humanitaires incommensurables ».