CONNECTIVITÉ – Les réseaux routiers de Madagascar parmi les moins développés du monde, avec 17 millions de résidents ruraux enclavés, selon le rapport annuel 2022 de la Banque mondiale
Antananarivo, 2 Octobre, 18h21 – De grands chantiers en perspective. « Madagascar possède l’un de réseaux routiers les moins développés du monde », constate la Banque mondiale dans son rapport annuel 2022 publié vendredi. Et pour cause, « la densité routière du pays n’est que de 5,4km pour 100km2 de superficie, ce qui laisse environ 17 millions de résidents ruraux enclavés », note-t-elle. Elle souligne que « la plupart des routes sont en mauvais état, ce qui les rend très vulnérables aux cyclones ».
En 2018, Madagascar se classait 127ème sur 141 pays en termes de connectivité routière, selon le rapport sur la compétitivité mondiale en 2019. La Société financière internationale (SFI) estimait de son côté dans son diagnostic du secteur routier que 58% seulement des malgaches vivent dans des zones où les produits agricoles peuvent être acheminés à des prix de transport abordables, soit moins de 10 dollars par tonne. Le reste de la population, soit 42%, doit subir des coûts de transport pouvant atteindre 34 dollars par tonne. L’étude diagnostic sur l’intégration du commerce (EDIC) actualisé avait notamment pointé que les chauffeurs routiers surchargent souvent leurs camions pour augmenter leurs revenus, aggravant la détérioration des routes.
Le mauvais état du réseau routier pèse également sur le potentiel de croissance du secteur du tourisme, d’après ce diagnostic de la SFI. « Les voyages par route, lorsqu’ils sont possibles, sont souvent extrêmement longs, dangereux et inconfortables pour les touristes », expose cette institution financière. « Plusieurs sites touristiques sont inaccessibles pendant la saison de pluies », ajoute-t-elle.
La Banque mondiale estime alors que les nouvelles routes changent de vie à Madagascar, en prenant l’exemple du tronçon de 40 km de la route nationale 44 (RN44) qui a récemment été réhabilité. L’achèvement de la réhabilitation ce cette route nationale ainsi que la RN12A bénéficiera à 600.000 personnes et réduira les temps de trajets de deux tiers, indique l’institution de Bretton Woods. Ce projet de connectivité pour l’amélioration des moyens de subsistance en milieu rural, financé à hauteur de 140 millions de dollars par la Banque mondiale devra également améliorer l’accès routier à 125 écoles et 45 centres de santé.
La Banque mondiale indique « aider le gouvernement à développer le secteur des transports à long terme » dans son rapport annuel. Ses investissements sont destinés aux communautés les plus vulnérables ainsi qu’à celles qui sont touchées par l’insécurité alimentaire, afin de leur fournir un accès et une connectivité indispensables, tout en améliorant leur résilience aux chocs climatiques, conclut-elle.
Dans le cadre de cet appui, la Banque mondiale a signé en Avril le financement du projet « connecter Madagascar pour une croissance inclusive » qui consiste à réhabiliter les 400km de la route nationale (RN) 10 reliant Andranovory à Ambovombe, à réhabiliter et revêtir de bitume les 100km de la RN31 reliant Mangoaka et Bealanana, ainsi qu’à entretenir 500 km de routes locales. Ce projet est financé à hauteur de 400 millions de dollars, dont 200 millions de dollars sous forme de dons et 200 millions de dollars de prêts.