CONSOMMATION – La friperie frappée d’un droit d’accise de 10%, selon le PLFR 

Un changement fiscal pour le commerce à Madagascar. Jusqu’ici préservés des taxations spécifiques, les articles de friperie vont désormais être soumis à un droit d’accise au taux de 10%. À travers la mise en place de ce droit d’accise de 10%, l’État table sur des recettes supplémentaires de plus de 20 milliards d’Ariary pour renflouer les caisses publiques.

 

Cette nouvelle mesure fiscale, inscrite dans le projet de loi de finances rectificative, est actuellement examinée par l’Assemblée nationale en travaux de commission depuis mardi. Cette décision est un tournant pour ce secteur de la consommation, puisque la taxe touchera une large gamme de produits de friperie importés. Elle concerne les vêtements, les accessoires de mode, les chaussures, ainsi que les couvertures et le linge de maison.

 

Ce marché représente une opportunité budgétaire importante pour l’administration fiscale, car la friperie s’est imposée comme l’un des secteurs de consommation les plus dynamiques du pays. Les friperies sont des articles très prisés par les ménages malgaches, et l’activité économique liée à leur importation ne cesse de progresser au fil des ans. Les données statistiques compilées dans le tableau de bord économique de la douane,en témoignent.

 

Environ 61 100 tonnes de ces produits ont été importées et mises à la consommation à Madagascar en 2024. La valeur CAF de ces marchandises s’élevait à 395,3 milliards d’Ariary. Par rapport à l’exercice 2023, une hausse de 13,78% en volume et de 25,53% en valeur des importations de friperies par Madagascar est à noter. En 2023, les friperies importées et qui avaient été mises à la consommation étaient de 53 700 tonnes pour un montant CAF de 314,9 milliards d’ariary

 

L’application d’un droit d’accise de 10% risque de provoquer un effet de répercussion mécanique sur les prix de vente au détail. Les grossistes et détaillants, voyant leurs coûts d’importation augmenter, vont certainement ajuster leurs marges.

 

Mais son introduction devrait aussi être une bouffée d’oxygène pour l’industrie et la confection locales. En augmentant le coût de revient des marchandises importées, cette taxe réduit l’écart de prix historique entre un vêtement de seconde main et un produit neuf fabriqué localement. Les petits ateliers de confection, les stylistes locaux et les fabricants de tissus espèrent capter une partie des acheteurs qui se détourneront de la friperie si celle-ci devient trop chère.