COOPÉRATION – Les intérêts de Madagascar à avoir un accord de pêche avec l’Union Européenne mis en avant par Isabelle Delattre

Antananarivo, 23 Septembre, 11h53 – Madagascar aurait beaucoup à gagner de son accord de pêche avec l’Union Européenne, à en croire l’ambassadrice Isabelle Delattre. La diplomate indique qu’en plus du volet financier qui fait jusqu’à ce jour l’objet de surenchère, il y aura également le volet appui au secteur pour une pêche durable dont bénéficiera la Grande île. « Il est important pour Madagascar d’avoir un partenaire comme l’Union Européenne pour un meilleur contrôle des pêches et pour assurer la durabilité des ressources », lance-t-elle face à la presse, jeudi.
Pour ce qui est de la compensation financière basée sur les captures réclamée par la partie malgache, Isabelle Delattre parle « d’ambitions assez élevées » de la Grande île bien qu’elles soient « compréhensibles dans toute négociation ». Elle fait toutefois remarquer que les propositions financières soumises à Madagascar sont alignées sur des propositions que l’Union Européenne peut faire à d’autres partenaires. « Il y a de ce fait une égalité de traitement à respecter », a-t-elle expliqué.
« Cette base sur la capture est la même pour tout le monde. Nous n’avons qu’une légère marge de négociation là-dessus », ajoute le chef de section développement rural de l’UE, Didier Nils. Il insiste cependant sur les quantités disponibles des ressources et l’espèce de poisson qui sera mis dans l’accord. « Dans le cas spécifique de Madagascar, c’est un accord sur le thon uniquement qui est en train d’être négocié », a-t-il tenu à rappeler.
Plusieurs négociations ont été menées sur ce nouvel accord de pêche. L’écart entre les propositions des deux parties se serait réduit. En Avril de cette année, le ministre des pêches Paubert Mahatante avait indiqué que Madagascar avait réclamé le double de ce qu’avait proposé l’Union Européenne. Il avait évoqué à l’époque que la Grande île souhaitait obtenir sur quatre ans 29 millions d’euros de redevance contre une proposition de 14 millions d’euros de l’Union Européenne pour 82 bateaux de pêche.
La question de redevance ainsi que la durée de l’accord constituent les pierres d’achoppement pour le bouclage cet accord. Les deux parties prévoient toutefois de le boucler avant la fin de cette année, avance Didier Nils.