Antananarivo, 23 Avril, 13h15 – De la luzerne de Madagascar devrait bientôt être exportée à Mayotte. Cette plante fourragère est surtout utilisée pour nourrir les animaux d’élevage. Et c’est la société Dramco qui devrait en produire bientôt pour cette île française de l’océan Indien. Ben Issa Ousseni, le président du département de Mayotte, est à Mahajanga pour signer un accord dans ce sens avec la société Dramco et le gouvernorat de Boeny, ce mardi. Il a visité le site de 500 ha, à Ankorefo, dans le district de Mahajanga II, où seront produites les plantes fourragères.
Puisqu’il s’agit d’une coopération, 90% de la production partira à Mayotte pour y assurer l’alimentation du bétail tandis que 10% vont servir à l’élevage bovin de la région du Boeny”, souligne Ben Issa Ousseni. Outre la production, la société partenaire du projet devrait aussi assurer le séchage et la déshydratation de la luzerne avant qu’elle ne soit exportée.
Le territoire mahorais étant exigu, les autorités mahoraises estiment que l’île ne peut imaginer une production de fourrage à grande échelle. D’où l’idée de venir s’approvisionner à Madagascar dans le cadre de la coopération régionale. Le document d’appel à manifestation d’intérêt lancé à Madagascar à l’occasion de la recherche de partenariat explique alors le choix de la région de Boeny, notamment de Mahajanga, par ses “potentialités agronomiques” et par la présence des “surfaces inexploitées” dans cette localité.
En important la luzerne de Madagascar, Mayotte espère “conserver la valeur ajoutée de la filière bovine sur son territoire en assurant elle-même l’élevage, l’abattage, la transformation et la commercialisation de la viande”. Et grâce à la luzerne importée de Madagascar, elle lève “la contrainte majeure d’accès au fourrage”. Jusqu’ici, le provendier de l’île avait importé cette plante fourragère de France, ce qui générait des coûts d’approvisionnement élevés, en plus d’un long délai de livraison.
Dans le Boeny, les autorités locales espèrent créer plusieurs centaines d’emplois à travers cette coopération et profiter de ce marché pour en créer d’autres. La culture de luzerne devrait ainsi servir d’expérience pour cet objectif. “Si tout se passe bien. On va s’étendre sur d’autres produits comme les légumes ou encore la viande”, espère Mohktar Andriantomanga, gouverneur de la région Boeny.
Elles entendent d’ailleurs relancer le lycée technique agricole de la région. Cet établissement a comme vocation de former les jeunes aux techniques agricoles en premier lieu mais les autorités envisagent aussi d’accueillir des jeunes Mahorais, qui suivent des formations agricoles, en stage.
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