CRIMES ENVIRONNEMENTAUX – Le groupe des partenaires techniques et financiers de l’environnement amplifie les déclarations de condamnation du meurtre d’Henri Rakotoarisoa et multiplient les appels pour le renforcement de la protection des défenseurs de l’environnement

Antananarivo, 13 Juin, 14h32 – Mobilisation générale. Après le Système des Nations-Unies (SNU), ou encore les organisations locales de protection de l’environnement, c’est au tour du groupe des partenaires techniques et financiers de l’environnement de réagir par rapport à l’affaire du meurtre du président de la Communauté de base (VOI) Mialo, Henri Rakotoarisoa, au début de ce mois de juin. En plus de condamner ce crime, tous appellent les autorités malgaches à mener une enquête approfondie afin de donner des sanctions exemplaires aux responsables de ce meurtre.

« Nous soutenons la voix des communautés et faisons appel aux autorités à mener une enquête approfondie et transparente sur cette affaire », déclarent-ils. Mais les autorités sont également appelées à « traduire en justice les criminels pour leur donner des sanctions exemplaires », déclare ce groupe de PTF rassemblant l’ambassade des États-Unis d’Amérique, l’ambassade du Royaume Uni, la délégation de l’Union Européenne, la Coopération Allemande, l’Agence française de développement et le Programme des Nations unies pour le développement, dans un communiqué conjoint publié ce lundi.

Une mission pour clarifier les circonstances du décès de cet acteur de protection de l’environnement mandatée par le ministère de l’Environnement et du développement durable avait été déjà dépêchée envoyée sur place, il y a quelques jours. Le Premier ministre Christian Ntsay a également déjà assuré que les personnes impliquées dans cette affaire seront jugées et punies conformément à la loi.

Ces partenaires techniques et financiers de la Grande île en matière d’environnement constatent que le crime environnemental à Madagascar est monté d’un cran en termes de violence. C’est pourquoi les autorités malgaches sont encouragées à « renforcer la protection des personnes et groupements qui mènent le combat noble contre les trafics de ressources naturelles ».

Le cas d’Henry Rakotoarisoa n’est d’ailleurs pas isolé. L’Indri signale les nombreuses menaces et intimidations dont font l’objet les agents du MEDD ou des parcs nationaux. « Tous en appellent désormais à l’Etat pour augmenter en urgence les efforts et les moyens et pour mieux soutenir les communautés locales engagées dans la protection de l’environnement », souligne l’organisation.

Pour Transparency international initiative Madagascar et le Centre de recherches et d’appui pour les alternatives de développement – Océan Indien (CRAAD-OI), cette récente affaire rappelle à quel point la protection juridique des défenseurs des droits humains et des lanceurs d’alerte est nécessaire et cruciale. D’où l’urgence d’adopter la loi de protection et concamitamment et la loi pour l’accès à l’information à caractère public, soulèvent-elle.

Photo : Ministère de l’Environnement et du développement durable