CROISSANCE ECONOMIQUE – Les perspectives économiques sujettes à des risques comme la hausse des prix des denrées alimentaires ou encore les tensions sociopolitiques pouvant survenir avec le contexte électoral, selon la Banque africaine de développement
Antananarivo, 10 Octobre, 14h17 – Madagascar pourrait enregistrer une croissance de 4,2% en 2023 et 5% en 2024, selon la Banque africaine de développement (BAD). Ces perspectives sont toutefois sujettes à des risques, notamment la hausse des prix des produits de l’énergie et des denrées alimentaires, les chocs climatiques, le durcissement des conditions financières mondiales, et les tensions sociopolitiques qui pourraient survenir lors de l’élection présidentielle prévue en novembre 2023. C’est ce qu’a exposé la BAD dans son rapport pays pour Madagascar des perspectives économiques en Afrique.
Dans son rapport, la Banque africaine de développement soutient que dans ses perspectives à moyen termes, Madagascar reste exposé à la hausse continue des cours mondiaux du pétrole et des produits alimentaires qui pourrait entraver la reprise économique. C’est le même risque avec les tensions sociopolitiques pouvant survenir lors des élections présidentielles prévues au mois de novembre. La Grande île reste par ailleurs très vulnérable aux chocs climatiques, ajoute la BAD.
Le ministère de l’Economie et des finances (MEF) avait également déjà soulevé des facteurs de risques persistant, qui pourraient ternir les perspectives économiques du pays pour le reste de l’année. Ce département a évoqué les impacts économiques qui peuvent découler du prolongement, voire de l’intensification du conflit russo-ukrainien. Le MEF parle également des perturbations de la fourniture d’électricité ainsi que le risque politique en année électorale constituent des menaces à ne pas prendre à la légère.
Selon l’évolution de la situation, le ministère de l’Economie et des finances avait déjà avancé dans sa Revue de milieu de l’année (RMA) des révisions sur les projections de croissance pour cette année. Le MEF de rappeler que la Loi de Finances de l’année 2023 a prévu une croissance économique de 4,9%.
Sans ses risques, les perspectives devraient être favorables, reprend la BAD. La croissance devrait être portée, du côté de l’offre, par l’essor du secteur minier et la reprise du tourisme, et du côté de la demande, par les investissements et les exportations, notamment de minerais comme le graphite, le nickel ou le cobalt.
Pour le MEF, les nombreux investissements publics et projets en Partenariat public-privé des secteurs productifs et sociaux mis en œuvre ou achevés pour l’année 2023 devraient soutenir la croissance économique. Les projets d’aménagement et d’irrigation des périmètres agricoles devraient augmenter la capacité de production agricole, notamment le riz avec une hausse attendue de 10% de la production. La construction et la réhabilitation des infrastructures de transport et de communication, ainsi que le développement de l’offre d’énergie instaurerait également un environnement plus favorable aux investissements privés, avance le MEF.