Pour Florent Rakotoarisoa, la HCC a son idée mais attend d’être saisie pour se prononcer sur le débat autour de la nationalité du président de la République
Antananarivo, 22 Juin, 18h30 – La Haute cour constitutionnelle (HCC) piaffe d’impatience. A entendre son président, Florent Rakotoarisoa, la juridiction constitutionnelle, « qui a le dernier mot », a envie de faire part de son avis sur la nationalité du président Andry Rajoelina. Mais pour le faire, il faut que l’institution qu’il dirige soit saisie.
« La HCC souhaite exprimer son avis comme tout le monde. Mais en tant que HCC, ses actions sont encadrées par la loi », affirme Florent Rakotoarisoa en marge de l’atelier sur les élections organisées par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), jeudi à Ivandry. Il note la prise de position des uns et des autres sur la question. « La HCC ne peut pas encore s’exprimer. Mais elle peut le faire du moment qu’elle est saisie », avance-t-il.
Le juriste de formation note qu’il existe « plusieurs interprétations » au dossier chaud du moment. « Les juristes, citoyens, ceux qui soutiennent le pouvoir ou ceux qui se disent de l’opposition ont déjà tous fait part de leur position (…) Je vous le dis, seule la HCC a le dernier mot », prévient-il.
Florent Rakotoarisoa tient à observer que « le code sur la nationalité, qui avait fait l’objet d’amendements plus tard, et l’article 46 de la Constitution en parlent ». Ledit article dispose que « tout candidat aux fonctions de Président de la République doit être de nationalité malagasy, jouir de ses droits civils et politiques ».
L’ancien ministre de la justice et ancien diplomate informe que l’institution qu’il dirige n’est pas encore officiellement sollicitée, du moins jusqu’à aujourd’hui. « Ceux qui ont le droit et sont autorisés par la Constitution pour le faire ne nous a pas encore saisis (…) Et la Cour ne peut pas s’autosaisir. Jamais ! », précise-t-il.
La question de la nationalité du chef de l’Etat suscite des opinions et des réactions après la publication de documents sur les réseaux sociaux. Les partisans du chef de l’Etat comme l’opposition s’affrontent sur la question, aussi bien sur le terrain juridique que sur le terrain politique. Le principal concerné s’est aussi exprimé en fustigeant ses détracteurs