Antananarivo, 4 Décembre, 8h25 – Des mesures provisoires qui durent depuis plus de 20 ans. Le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation justifie le “recrutement” de chefs de régions qu’il a récemment lancé. Alors que ces hauts responsables sont censés être élus au suffrage universel indirect par les maires et les conseillers communaux et municipaux, le ministère évoque une “désignation provisoire en Conseil des ministres”.
Pour le ministère, il s’agit d’une mesure destinée à “garantir la continuité du service public et le bon fonctionnement des régions”. Dans un communiqué publié mercredi sur sa page Facebook, il parle d’une “obligation” à laquelle le gouvernement se conforme “suite à l’abrogation de la nomination des gouverneurs”, et en attendant l’élaboration du “nouveau cadre juridique électoral inclusif et consensuel” sur lequel s’appuieront toutes les futures élections.
Le ministère en charge de la Décentralisation soulève “une perte de confiance des citoyens dans le système électoral” pour soutenir la réforme des textes juridiques et des structures de gestion des élections. Le sujet, rappelle-t-il, “figure parmi les thématiques à aborder lors des concertations régionales et nationale prévues se tenir prochainement”.
Prévues par les textes sur la décentralisation depuis 1993, les régions sont censées être des collectivités territoriales décentralisées dirigées par des élus territoriaux. Ce sont les textes adoptés en 2004 ayant officiellement mis en place les régions qui avaient prévu que jusqu’à la mise en place des organes élus, les régions seraient dirigées par des chefs de région nommés en Conseil des ministres. A l’époque, les chefs de région devaient être à la fois chef de l’exécutif régional et représentant de l’Etat. Bien que les textes aient ensuite prévu des élections régionales au suffrage universel indirect par les élus communaux et municipaux, les chefs de région ont toujours été nommés.
