DÉPENSES PUBLIQUES – Les appuis extérieurs pèsent deux tiers du budget national, selon le ministère de l’Economie et des finances

Madagascar ne finance pas son propre développement, il l’emprunte. Près de 68% des dépenses publiques sont encore financées par des prêts ou des aides extérieures. Une situation exposée par la directrice d’appui, de suivi et d’évaluation auprès du ministère de l’Économie et des finances (MEF), Marilys Razakamanana, durant la présentation officielle de la Stratégie nationale de financement intégré du développement durable (SNFI-DD) de Madagascar, jeudi.

Cette perfusion financière n’est cependant pas un choix stratégique. L’État ne dispose que de ressources internes limitées pour financer les services publics. En matière de pression fiscale, le pays ne mobilise qu’environ 10% du Produit intérieur brut (PIB) en recettes fiscales. C’est l’un des taux les plus bas en Afrique, note cette responsable auprès du ministère en charge des Finances.

Avec une économie essentiellement informelle, près de 47% du PIB est généré hors du secteur formel, échappant ainsi à l’impôt. “Cela réduit d’autant la base taxable et creuse, dans ce cadre-là, le déficit du financement public”, expose Marilys Razakamanana. Les investissements privés demeurent par ailleurs faibles, avec un taux d’investissement stagnant autour de 12,5% du PIB, poursuit-elle.

Madagascar avait alors fait le choix de repenser l’architecture du financement de son développement, en se dotant de la SNFI-DD. Il s’agit d’un cadre permettant l’alignement ensemble des sources de financement public, privé, international et national sur les priorités du développement du pays,explique le coordonnateur résident du Système des Nations-Unies (SNU) à Madagascar, Anthony Ngororano.

Cette stratégie repose sur le renforcement des financements publics, notamment à travers une meilleure mobilisation de ressources domestiques, une plus grande efficacité des dépenses publiques et une gestion responsable de la dette. Elle consiste également à stimuler les financements privés, par le biais du renforcement de la confiance des investisseurs et par la facilitation de l’accès aux financements pour les entreprises, en particulier les PME. Et elle vise à encourager l’innovation financière, obligations vertes ou sociales, financements mixtes, partenariats publics-privés et autres instruments capables d’attirer des nouvelles ressources vers les priorités nationales, détaille ce représentant du SNU.