Des spécialistes en économie recommandent d’augmenter les exportations pour tirer profit de la dépréciation de l’ariary

Antananarivo, 11 Janvier, 18h06 – Une opportunité à saisir. Alors que l’ariary se déprécie par rapport à l’euro, les exportateurs de biens et de services vers la zone euro se frottent les mains. Une rédactrice web qui offre ses services à une entreprise basée en Europe se réjouit de l’appréciation de l’euro alors qu’il y a encore quelques semaines, elle avait vu ses revenus se réduire. “Je suis payée à la pige, et plus mes productions augmentent, plus je gagne. Avec le retour en force de l’euro, je gagne encore plus », confie-t-elle.
Il y a six mois encore, le 11 juillet 2022, un euro s’échangeait en moyenne à 4 137 ariary sur le marché interbancaire de devises. Ce 11 janvier 2023, un euro vaut 4 826 ariary. Si en juillet, notre interlocutrice, pour un article qui vaut 50 euros, percevait autour de 205 000 ariary, ce mois de janvier, le même produit lui fait gagner environ 240 000 ariary.
Plutôt que de se plaindre de la forte dépréciation de la monnaie nationale par rapport à l’euro ou même par rapport au dollar, un opérateur économique recommande que l’on booste l’exportation. « Les sociétés d’exportation doivent être encouragées car il y a là une opportunité à saisir. Il faut voir les choses sous cet angle-là », soutient-il.
L’avis de l’opérateur économique est partagé par le Dr Hery Ramiarison, enseignant chercheur en économie, à l’Université d’Antananarivo. « Il faut exporter davantage », conseille-t-il. Il estime que « la dépréciation de la monnaie nationale ne serait pas un problème si l’on exportait massivement comme la Chine ». Il recommande ainsi que la production soit soutenue pour donner des produits à mettre sur les marchés internationaux.
En plus de faire mieux gagner les exportateurs, la perte de valeur de l’ariary devrait faire gagner les produits provenant de Madagascar en compétitivité. L’ariary ayant moins de valeur, les marchandises malgaches qui arrivent sur le marché international peuvent coûter moins chères. Reprenant l’exemple de la Chine, le Dr Hery Ramiarison rappelle que « la monnaie chinoise, le yuan, est l’une des monnaies qui a le moins de valeur au monde, mais cela permet, entre autres, à la Chine de vendre moins cher », explique-t-il.
Avec la dépréciation de l’ariary, les marchandises importées connaissent, au contraire, une hausse de leur prix une fois sur le marché local.