“Comment aller vers un développement équitable?”. Cinq panélistes composés de représentants des jeunes, de la société civile et société savante, des partenaires techniques et financiers et des institutions en ont discuté autour d’une table-ronde, lors de la diffusion des résultats de la septième série de l’enquête par grappe à indicateurs multiples ou Mics 2025, la semaine dernière Ivandry. Les échanges ont mis en lumière les inégalités persistantes ainsi que les contributions prioritaires pour aller vers un développement équitable à Madagascar.
Pour le représentant des jeunes, Jean Joseph Ramarolahy, la création d’emplois, la motivation des enseignants et davantage d’investissements dans les zones rurales constituent des issues face aux disparités qui touchent particulièrement les jeunes. La pauvreté des parents d’élèves, l’éloignement des écoles et les difficultés rencontrées sur le chemin de l’école constituent encore des obstacles majeurs à la scolarisation en milieu rural. À cela s’ajoute la qualité de l’enseignement, marquée par la forte proportion d’enseignants Fram, estimée à près de 70 %.
La présidente de la Société malgache de pédiatrie (Somaped), la Pr Annick Robinson, mise pour sa part sur la santé des enfants, l’éducation et le capital humain. De nombreux enfants restent non vaccinés, notamment dans les zones isolées, malgré les campagnes ciblant les « zéro dose ». Les retards de consultation, la peur du système de santé, les frais sociaux indirects liés aux soins et le manque d’infrastructures figurent parmi les facteurs expliquant cette situation.
Pour le représentant la société civile, Rado Ravelojaona, il s’avère nécessaire de renforcer la gouvernance locale, dont le pilotage éducatif, de soutenir les ménages vulnérables et d’encourager des pactes sociaux pour faire évoluer les normes et pratiques sociales. Le spécialiste issu de la Banque mondiale, Kochikpa Olodo, propose davantage d’activités dans l’accès aux services sociaux de base, l’agriculture et l’éducation. Le directeur d’appui, de suivi et d’évaluation auprès du ministère de l’Economie et des Finances, Marilys Razakamanana, avance quant à elle l’importance de l’alignement du budget au programme général de l’Etat ainsi que du social, de la transparence et de la redevabilité.
Les défis restent de taille à Madagascar, notamment en matière de répartition des ressources face aux disparités. Les partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale, se disent toutefois prêts rester aux côtés du Gouvernement pour la mise en œuvre de sa vision de développement équitable.
