DISPARITION – Le Ghana et l’Afrique rendent hommage à l’ancien président ghanéen, Jerry Rawlings

Antananarivo, 13h27 – Il détenait le record de longévité au pouvoir au Ghana. Jerry John Rawlings est décédé jeudi à l’âge de 73 ans dans un hôpital d’Accra, capitale ghanéene. « Un grand arbre est tombé. C’est une immense perte pour le Ghana ». Les mots sont du président ghanéen en exercice, Nana Akufo-Addo, issu du parti rival de celui du défunt. Une semaine de deuil national est décrété et la campagne pour la présidentielle prévue le mois prochain, suspendu.
Né d’un fermier écossais et d’une mère ghanéenne, Jerry Rawlings entre en 1967 à l’académie militaire, qu’il quitte au bout d’un an pour intégrer l’armée de l’air, où il excelle comme pilote. En 1979, à 32 ans, devenu officier supérieur de l’armée de l’air, il renverse un gouvernement militaire pour céder le pouvoir à un chef civil.
En 1981, il mène un deuxième coup d’État et fut à la tête d’une junte militaire jusqu’à la supervision d’élections multipartites en 1992, date à laquelle il est élu pour la première fois président. Jerry Rawlings démissionne en 2001 après deux mandats, mais a continué d’exercer une forte influence dans le pays, aujourd’hui l’une des démocraties les plus stables d’Afrique. « C’est assez facile de prendre le pouvoir, ce n’est pas très compliqué de le garder, le plus difficile c’est de le quitter », avait-il déclaré en 2007 à l’AFP.
« L’Afrique a perdu un pilier du panafricanisme et un homme d’État continental charismatique » affirme le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Un « grand homme d’Afrique », souligne le président tanzanien John Magufuli. « Un grand leader qui manquera au Ghana, au Liberia et à l’Afrique », ajoute le président libérien George weah. « Le Libéria se souvient de son immense contribution à la réalisation et au maintien de la paix pendant les jours sombres de notre propre histoire », ajoute le Libérien.
« Nous nous souviendrons de lui comme d’un leader inspirant », souligne de son côté le président burundais Evariste Ndayishimiye. « Nous serons à jamais reconnaissants de ses efforts pour ouvrir les yeux des Africains notamment sur la gestion de leurs ressources pour développer leurs propres pays », signale le président kenyan Uhuru Kenyatta.
Jerry Rawlings s’était emparé du pouvoir en s’insurgeant contre la corruption et a été responsable de l’exécution de plusieurs anciens chefs d’État pour leur supposée corruption et mauvaise gestion. «Probité, transparence et responsabilité» étaient des mots qu’il utilisait souvent pour décrire la norme attendue de ceux exerçant une charge publique. Pour ses détracteurs, il n’avait pas répondu à ces attentes. Considéré comme un défenseur des pauvres, il a été critiqué pour des violations présumées des droits de l’homme.