Le documentaire signé Marie-Clémence Andriamonta Paes fait découvrir un pan de l’Histoire de Madagascar à travers le regard de ceux qui ont vécu l’insurrection de 1947.
Que s’est-il réellement passé en 1947 à Madagascar ? Qui a fait quoi, qui a subi quoi, et pourquoi cette insurrection a-t-elle eu lieu ? Des questions que beaucoup peuvent encore se poser 70 ans après l’insurrection. Pour apporter les réponses, la cinéaste Marie-Clémence Andriamonta Paes propose le film Fahavalo, Madagascar 1947, dans lequel des personnes âgées ayant vécu cette époque racontent. « Ces témoignages constituent la mémoire d’un peuple », souligne la cinéaste, fière d’avoir pu rencontrer les acteurs de cette période encore méconnue.
Pour Marie-Clémence Andriamonta Paes, l’histoire de 1947 est « une histoire importante pour les Malgaches et devrait être connue de tous ». Elle semble pourtant « refoulée » et « peu connue », constate-t-elle.
Parlant de son expérience, elle confie qu’à l’école, personne n’avait évoqué ce sujet, encore moins lorsqu’elle était à l’Université en France. « Mais j’ai aussi rencontré des jeunes dirigeants qui à 40 ans ne savaient rien de cet épisode de l’histoire », à son plus grand étonnement. D’où l’idée du documentaire, « plus accessible que les livres », selon elle. « Le cinéma est un genre populaire qui peut toucher beaucoup de personnes, quel que soit leur niveau d’instruction », martèle la cinéaste. « Après, ceux qui ont envie d’en savoir plus peuvent toujours consulter les livres d’histoire », ajoute-t-elle.
Archives
Fahavalo se veut un film historique mais « aucun historien n’intervient dans le documentaire », souligne la réalisatrice. « Tous les témoignages rapportent néanmoins des faits historiques », insiste-t-elle encore.
« Les documents que j’ai trouvés m’ont permis de tracer les zones de recherche où je suis allée chercher les témoins »
Pour faire son film, Marie-Clémence Andriamonta Paes s’est plongée dans des milliers de pages d’archives éparpillées un peu partout dans le monde. « Les documents que j’ai trouvés m’ont permis de tracer les zones de recherche où je suis allée chercher les témoins », confie-t-elle. Elle a aussi rencontré de nombreux historiens, lu de nombreux livres pour s’imprégner du sujet.
Après cinq ans de travail, le film est prêt. Avant de l’emmener en tournée internationale, Marie-Clémence Andriamonta Paes entend donner aux Malgaches l’occasion de le visionner.
Après avoir remporté une récompense au 42ème festival des Films du Monde à Montréal, le documentaire sera diffusé dans quelques villes malgaches. « À Fianarantsoa, dans la ville où j’ai grandi les 28 et 29 septembre, puis à Toliara, là où Régis Gizavo, compositeur de la bande originale du film, se repose le 30 septembre et le 1er octobre », indique la réalisatrice. La tournée malgache passera ensuite par Ambositra le 3 octobre avant de se terminer dans la capitale où les dates et les salles sont encore en négociation.
