Une tribune de plaidoyer pour le respect des droits des femmes. Des leaders religieux et culturels de Madagascar, de certains pays d’Afrique et de l’île Maurice appellent à une lecture plus équilibrée des textes religieux et à une meilleure reconnaissance de la place des femmes dans la société. Ils participent, depuis le 10 mars, au colloque panafricain pour une justice sociale féministe.
“Les droits des hommes et des femmes sont égaux dans l’islam, seules les responsabilités diffèrent”, rappelle Nuckchady Issah Abdul Bashir, imam venu de l’ile Maurice. Le doyen des prédicateurs musulmans de Madagascar, l’imam Boina Idi Madi M’ze, ajoute que parmi les 114 sourates du Coran figure la « Sourate An-Nisa », consacrée aux femmes. Pourtant, il n’existe pas de sourate dédiée uniquement aux hommes. Cela montre que les femmes occupent une place particulière dans l’islam, indique-t-il.
Faire disparaitre les stigmates
Le médecin et pasteur originaire de la RDC, Omanyondo Onakay, ajoute que “la femme a les mêmes droits que les hommes, même dans la Bible”. Il appelle ainsi à redoubler d’efforts pour faire disparaître les stigmates à l’égard des femmes partout dans le monde, particulièrement en Afrique et à Madagascar. “Le Protocole de Maputo a consacré de nombreuses avancées. Mais dans les institutions sanitaires, beaucoup n’arrivent pas encore à l’appliquer, sans parler des mauvaises interprétations ou des incohérences dans sa mise en œuvre”, déplore-t-il.
Le colloque panafricain pour la justice sociale féministe est une occasion d’aborder les droits des femmes, notamment les préjugés qui persistent ainsi que les recommandations pour y faire face. En Afrique, certains préjugés culturels continuent d’influencer l’interprétation des principes religieux. Dans de nombreux cas, les traditions sociales sont confondues avec les prescriptions religieuses, regrette le doyen des prédicateurs musulmans de Madagascar. Cette situation contribue à limiter la participation des femmes dans certains espaces de décision, y compris au sein des institutions religieuses, souligne-t-il.
