DROITS HUMAINS – Un centre d’accueil et de protection des albinos bientôt en construction dans le Sud

En recrudescence. Les cas d’enlèvements et d’assassinats visant les personnes atteintes d’albinisme à Madagascar sont alarmants ces derniers temps, notamment dans le Sud de Madagascar. Parmi les mesures annoncées par le président de la Refondation de la République de Madagascar, le Colonel Michaël Randrianirina, figure la construction imminente d’un grand centre d’accueil et de protection destiné aux albinos.

Le lancement de la construction de cet établissement est prévu d’ici une ou deux semaines. Le terrain pour accueillir le projet est déjà disponible, confie le chef d’Etat. Le centre disposera d’une école, d’une chapelle ainsi que d’infrastructures destinées à accueillir les forces de l’ordre chargées d’assurer la sécurité des résidents. Avec le contexte préoccupant actuel, certains parents d’enfants albinos les confient désormais aux brigades de la Gendarmerie pour les mettre à l’abri, notamment face à une crainte persistante pour la vie de leurs enfants.

Depuis le début de cette année 2026, quatre meurtres d’enfants albinos ont été recensés dans différents districts du pays. Pour le président de la Refondation, ces actes sont souvent liés à des crimes rituels nourris par des croyances occultes et des superstitions persistantes. Il évoque notamment des sacrifices supposés procurer richesse, pouvoir ou prospérité.

Face à cette situation, le Colonel Michaël Randrianirina sollicite le ministère de la Sécurité publique et le ministère de la Population à renforcer leurs actions et responsabilités. Les campagnes de sensibilisation devraient être renforcées afin de déconstruire ces croyances et de rappeler que les personnes atteintes d’albinisme jouissent des mêmes droits et de la même dignité que tous les citoyens.

Concernant le meurtre de la petite Landricia, une fillette albinos de 18 mois retrouvée décapitée à Toliara après trois jours de captivité, l’enquête se poursuit. Huit suspects, dont deux « ombiasy» ou guérisseurs traditionnels ainsi que des fonctionnaires, étudiants d’université et particuliers, ont déjà été arrêtés, à en croire le président de la Refondation. Deux autres suspects en fuite sont toujours recherchés.

Le chef d’Etat demande le transfert des suspects depuis la prison de Toliara à la maison de force de Tsiafahy et appelle les enquêteurs à faire toute la lumière sur cette affaire, y compris sur d’éventuels commanditaires. Le Colonel Randrianirina a évoqué que le débat sur le rétablissement de la peine de mort devrait même être relancé au regard de l’indignation de la population. Mais avec l’adhésion de Madagascar aux conventions internationales abolissant cette peine, il préconise plutôt le transfert des suspects à Tsiafahy.