ECONOMIE – Les réformes renforçant la concurrence et la transparence permettent de remédier à l’accaparement du marché par des élites, selon Marie-Chantal Uwanyiligira de la Banque mondiale

Antananarivo, 27 Avril, 6h28 – La Banque mondiale plaide pour un engagement fort en faveur des réformes économiques. Ces réformes permettront à Madagascar d’enregistrer une forte croissance durable, qui est tout à fait « possible », s’exprime la représentante de cette institution de Bretton Woods à Madagascar, Marie-Chantal Uwanyiligira.

Dans une tribune libre en date du 25 avril, cette représentante de la Banque mondiale salue les réformes audacieuses entreprises notamment dans les secteurs des mines, des télécommunications et de l’énergie. Celles-ci peuvent, d’après ses explications, « contribuer à stimuler la croissance dont Madagascar a besoin pour sortir de la spirale de la pauvreté ». Mais en renforçant la concurrence et la transparence du marché, ces réformes « sont essentielles pour remédier à l’accaparement des élites et ouvrir la voie à l’emploi et à l’investissement du secteur privé ».

Pour l’heure, les niveaux d’investissement du secteur privé demeurent faibles, compte tenu de sa compétitivité. Cet investissement a représenté en moyenne 19,4 % du PIB au cours de la période 2013-2019, expose Marie-Chantal Uwanyiligira. Ce qui est bien inférieur aux niveaux d’investissements pour les pays pairs, fait-elle remarquer.

Parvenir à une forte croissance engage également l’Etat. Cette représentante de la Banque mondiale estime alors qu’il est impératif d’établir une coalition en faveur de la croissance « qui donne la priorité à la création d’un cadre institutionnel solide nécessaire à un secteur privé dynamique et compétitif ». Cela nécessite une administration publique stable, fiable et efficace capable de fournir les infrastructures et les services nécessaires. Mais cette administration publique ne devrait appliquer que des exigences réglementaires raisonnables. Autrement, « L’absence de ces éléments cruciaux se traduira par une croissance insuffisante, perpétuant la pauvreté et les opportunités manquées », ajoute-t-elle.

Le Groupe de la Banque mondiale a, en tout cas, inclus, la transformation économique de Madagascar dans les interventions prioritaires de son nouveau Cadre de partenariat pays (CPF) avec la Grande île pour la période 2023-2027. Outre la transformation économique et spatiale, le renforcement du capital humain et de la résilience des pauvres, le renforcement des mécanismes de contrôle et l’engagement des citoyens bénéficieront des investissements qui seront mobilisés par ce CPF.

Divers domaines dans lesquels Madagascar a enregistré de bons résultats, comme la nutrition, la protection sociale et les pôles de croissance, continueront de bénéficier de programmes et de financements de ce nouveau cadre de partenariat avec la Banque mondiale. Tout comme l’énergie et les télécommunications qui sont des secteurs majeurs sur lesquels ce CPF se concentrera également.