Une forte centralisation des flux. L’architecture financière de Madagascar se caractérise par une concentration majeure autour du secteur du crédit. Les banques, les établissements financiers et les institutions de microfinance concentrent à eux seuls plus de 90 % des actifs financiers nationaux, selon le récent rapport du Fonds monétaire international, consacré au Diagnostic de la gouvernance et des vulnérabilités à la corruption.
Cette prédominance s’exerce au sein d’un marché de taille modeste, dont le volume global ne représente qu’environ 30 % du Produit intérieur brut (PIB) du pays. Dans cet écosystème restreint, la centralisation des acteurs du crédit est presque absolue, reléguant les compagnies d’assurance et les fonds de pension à la périphérie, avec chacun à peine 5 % du solde des actifs financiers de la Grande Île.
13 banques et 3 établissements financiers captent à eux seuls 83% des actifs financiers du pays. Un segment qui se caractérise par une forte présence internationale. Car à l’exception de deux entités, toutes les banques sont détenues majoritairement par des capitaux étrangers. Six d’entre elles sont d’ailleurs des filiales directes de groupes étrangers. Quatre enseignes regroupent près de 85% des parts de marché.
L’État conserve néanmoins des participations minoritaires dans quatre établissements. Ses parts au capital s’établissent à 32,58 % pour la BNI, 28,5 % pour la BRED et 9,37 % pour la BOA. Ce qui illustre son rôle d’actionnaire minoritaire au sein des principaux piliers bancaires du pays.
17 institutions de microfinances qui portent 7 % des actifs financiers viennent compléter établissements de crédit. La plus récente de ces institutions, filiale de La Poste, a eu son agrément en juin 2024, rappelle ce rapport.
Le système financier global se déploie par ailleurs au-delà du secteur bancaire traditionnel avec deux établissements de monnaie électronique et 23 bureaux de change. Cet ensemble interconnecté compose ce que la Loi Bancaire qualifie officiellement de “prestataires de services bancaires”.
