Antananarivo, 2 Décembre, 7h50 – Il avait promis de s’exprimer en temps opportun et que quand cet instant viendra, ceux qui ont dit du mal de la Haute cour constitutionnelle seraient étonnés. Et vendredi, Florent Rakotoarisoa vide son sac. Dans son discours suivant la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle du 16 novembre, le magistrat dénonce l’attitude de ceux qui des personnalités politiques et religieuses dans leur démarche pour régler le différend post-électoral à Madagacsar.
Regrettant ce qu’ils qualifient d’attaques personnelles à l’encontre de la HCC et de ses membres, Florent Rakotoarisoa indique ne pas vouloir répondre aux provocations. Il n’en déplore pas moins que « des juristes qui se croient experts dans leur domaine aient jeté l’opprobre sur leur propre personne » en raison de leur position durant la période pré-électorale. Ils dénoncent que des juristes, « s’abritant derrière leur statut de magistrat, d’avocat, de professeur agrégé en droit, imbus de vérité, viennent induire le public en erreur dans la lecture de la Constitution avec des lunettes politiques ».
Mais les juristes n’ont pas été les seuls auxquels Florent Rakotoarisoa s’en est pris vendredi. Dans son discours, il s’est adressé aux différents acteurs qui sont intervenus dans le règlement du différend pré-électoral. « Le pays serait en paix si les chefs d’institutions s’occupent de la charge qui leur est confiée et respectent la laïcité de l’Etat », lance-t-il sans citer nommément la présidente de l’Assemblée nationale. Il s’adresse aussi à la société civile et suggère que celle-ci « œuvre dans l’éducation citoyenne et ne verse pas dans la partialité et ni n’ordonne à la HCC de revenir sur sa décision ».
Pour le président de la HCC, les chefs d’Eglise et les chefs traditionnels devraient également « s’en tenir à leur statut de raiamandreny et aident à trouver des solutions là où cela est nécessaire sans qu’ils penchent pour une tendance ou une autre ». Il souhaiterait que « les syndicats se limitent à la défense des travailleurs et ne se mêlent pas de politique » et que « les médiateurs autoproclamés choisissent bien leurs collaborateurs et leur entourage pour susciter la confiance de ceux qu’ils souhaitent réconcilier ».
