ELECTIONS – Le président de la CENI refuse que son organe soit « le bouc-émissaire des calculs politiques »

Antananarivo, 23 Septembre, 18h00 – « Nous avons travaillé nuit et jour pour préserver l’ordre et la paix, de façon à ce que notre pays puisse penser à son développement. Et nous avons réussi ». Maître Hery Rakotomanana, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), fait valoir les réussites de l’organe constitutionnel qu’il dirige. « Grâce aux efforts que nous avons faits, nous vivons actuellement dans un pays en paix », martèle-t-il encore.
Il dit alors refuser que la Ceni soit un « bouc émissaire dans des calculs politiques qui n’apporteraient rien à notre pays ». « Ce n’est tout simplement pas possible de fermer les yeux sur ce qui a été fait et ne mettre en exergue que ce qui n’a pas marché », poursuit-il. Mercredi, le collectif des parlementaires de l’opposition avec quelques partis politiques a encore réitéré « manquer de confiance en la Ceni dans sa composition actuelle ». Le groupe a même refusé de venir à la cérémonie de restitution de la synthèse des recommandations issues des élections de 2018-2019.
Maître Hery Rakotomanana reconnaît avoir fait face à des difficultés. Mais à l’entendre, celles-ci viennent plus d’un système d’organisation des élections « désuet et obsolète ». « Nous n’avons cessé d’interpeller sur ces questions », insiste-t-il, d’ailleurs. « Il est temps que nous avançons vers un système plus efficace », soutient-il.
Les recommandations officiellement publiées ce mercredi entrent d’ailleurs dans ce sens. Elles proviennent des observateurs des organisations de la société civile, des missions internationales d’observation des élections mais aussi des propres rapports de la Ceni. Elles portent sur l’ensemble du processus électoral, allant de la liste des électeurs aux contentieux, en passant par les problématiques de campagne, les opérations électorales elles-mêmes et le traitement des résultats.