ÉLECTRICITÉ – Les industriels achètent le kilowattheure de la Jirama à moins de 200 ariary selon le ministère de l’Energie, négociations autour des tarifs sur Optima business
Antananarivo, 26 Mai, 9h47 – Le secteur privé, le ministère en charge de l’Energie et la Jirama reprennent les discussions sur l’optimisation tarifaire. Alors que le coût de production d’un kilowattheure tourne autour des 1000 ariary pour la Jirama, cette énergie est vendue à perte, à une moyenne de 450 ariary pour les consommateurs, et à moins de 200 ariary pour les industriels, indique le ministère de l’Energie et des hydrocarbures (MEH), qui rapporte la récente rencontre entre le ministre Andry Ramaroson, un directeur général adjoint de la société d’Etat et des responsables d’une grande industrie locale.
L’Optima business, l’ajustement tarifaire qui concernera les industriels et entreprises clients de la Jirama est au centre des discussions entre les trois parties. L’objectif est de trouver des compromis pour veiller sur les activités des entreprises sans que cela se fasse au détriment de la Jirama de façon à permettre à la compagnie nationale de ne plus dépendre des subventions de l’Etat. Ils ont également saisi cette occasion pour parler de l’amélioration de la qualité de l’énergie fournie ainsi que des services offerts par la Jirama, correspondant à cette révision de tarif, d’après toujours le MEH.
Les entreprises et industriels figurent parmi les plus grands consommateurs de l’énergie produite par la Jirama. Pour des ventes totales moyennes de 120 GWH par mois, 38% sont pour les gros compteurs HT-MT, 15% pour les petits compteurs non résidentiels et 46% pour les clients résidentiels.
Lors de la réunion entre le secteur privé et l’équipe dirigeante de la Jirama, mardi, le président de la commission infrastructures et utilities du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Johann Pless, a soulevé l’importance de « la restructuration structurelle de la production de la Jirama pour ne pas avoir à se concerter sur une éventuelle augmentation de tarif tous les ans ». Il reconnaît toutefois que « la Jirama vend à perte et que cette situation est intenable ». Aussi, « au vu de la situation de la société d’Etat, la hausse est audible est compréhensible selon le secteur privé », ajoute-t-il.
L’énergie étant une part importante de la productivité des entreprises, le secteur privé souhaite trouver un consensus à l’issue des tractations. Ceux dans le tourisme ont d’ailleurs demandé au début du mois la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) dans leur facture globale de l’électricité. Ils demandaient que le taux actuel de 20% soit baissé à 5%.