Antananarivo, 23 Juin, 18h35 – Le président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM), Tiana Rasamimanana, fait part de la tenue d’une série de réunions du secteur privé, en vue de trouver des solutions à court terme au problème d’approvisionnement en électricité qu’ils endurent. Ces solutions seront proposées à l’Etat pour régler provisoirement le problème de délestage qui impacte lourdement sur les activités des entreprises, confie-t-il en marge d’un évènement organisé par la Banque mondiale ce vendredi.
Les industriels subissent selon lui entre quatre et huit heures de délestage par jour. Certains même ne peuvent plus tourner, regrette ce président du SIM. Et encore, le programme de délestage publié par la Jirama n’est même pas suivi. « Les industriels sont déboussolés », expose Tiana Rasamimanana.
Ainsi, répartir par exemple le délestage pour les zones industrielles est une solution qui pourra être proposée par les membres du SIM. Ce qui permettrait à certaines industries de travailler la nuit ou le weekend et alléger ainsi les besoins en électricité dans la journée, avance-t-il. « Cela nécessite toutefois aussi l’intervention de l’Etat pour que nous n’ayons à supporter de charges salariales supplémentaires », poursuit ce président de groupement des industriels. D’autres solutions comme des aides directes au niveau de l’approvisionnement des industries en gasoil, en groupes électrogènes sont à discuter durant les réunions du secteur privé et qui peuvent être proposées à l’Etat.
Par ailleurs, bien que l’autoproduction d’électricité qui est encouragée par l’Etat puisse être une solution pour les industriels, Tiana Rasamimanana soutient il n’y a pas de règlementation bien claire à ce sujet. « Il reste également à voir s’il y a des sociétés d’investissement qui veulent vraiment aller de l’avant pour mettre en place des systèmes solaires qui coutent très chers et que les industries peuvent acheter. Nous sommes en train de voir la mise en place concrète de cette alternative d’autoproduction », a-t-il soutenu. Ce qui est important pour les industriels, c’est d’avoir des solutions concrètes dans les prochains jours, poursuit le président du SIM.
Le délestage, comme l’incertitude de la conjoncture économique, et la fiscalité figurent parmi les principaux obstacles au développement des activités des entreprises à Madagascar, rapporte par la Banky foiben’i Madagasikara (BFM) dans son Enquête sur la conjoncture économique (ECE) pour le premier trimestre 2023. Viennent également d’autres facteurs pénalisant comme l’incertitude du contexte socio-politique, l’insuffisance de la demande, la concurrence des importations, les activités informelles, la corruption ou encore l’insuffisance d’équipements ou de matériels.
