EMPLOIS – Les groupements patronaux appelés à appliquer l’égalité de rémunération entre leurs salariés hommes et femmes pour le même travail

 

 

Antananarivo, 18 Mars, 11h45 – A travail égal, salaire égal. La représentante de la Banque mondiale à Madagascar, Marie Chantal Uwanyiligira plaide pour l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes pour les mêmes fonctions ou pour le même travail. Un écart important est encore constaté, et les groupements patronaux sont appelés à prendre les dispositions afin de le combler. Le Groupement des entreprises de Madagascar (GEM) en serait déjà avisé. Mais cette situation a également été exposée par la missionnaire de l’institution de Bretton Woods au président du Syndicat des industries de Madagascar (SIM) durant l’ouverture du Salon des femmes entrepreneurs (SAFE), vendredi.

 

C’est sur l’indicateur « rémunération » que Madagascar a obtenu son plus faible score dans le rapport « Les femmes, l’entreprise et le droit 2023 » de la Banque mondiale, qui expose les disparités juridiques dans le traitement des hommes et des femmes à différentes étapes de leur vie professionnelle. Dans cet indicateur, ou les lois et les règlementations qui affectent la rémunération des femmes avaient été mesurées, la Grande île n’a obtenu qu’un score de 25 sur 100.

 

Marie Chantal Uwanyiligira indique avoir reçu également des témoignages des femmes qui auraient mis jusqu’à dix ans à épargner de l’argent pour leur permettre de commencer leur business. Or ces femmes auraient pu mettre moins de temps et auraient pu avoir moins de mal à y parvenir si ces femmes étaient payées comme les hommes, explique la représentante de la Banque mondiale.

 

Les entreprises malgaches sont donc appelées à payer le même salaire pour les femmes et les hommes pour les mêmes fonctions. Et elles ne devraient pas attendre que le Gouvernement fasse une régulation et vienne les contrôler pour le faire, poursuit-elle.

 

« Les Femmes, l’Entreprise et le Droit 2023 » est la neuvième d’une série d’études annuelles qui mesure les avancées vers la parité dans 190 économies, au travers des lois et réglementations qui affectent les opportunités économiques des femmes. Madagascar a obtenu une note globale de 69,4 sur 100. Cette note est en dessous de la moyenne de l’Afrique qui est de 72 sur 100, mais la Grande île peut faire mieux et c’est possible, selon Marie Chantal Uwanyiligira.

 

Le projet présente huit indicateurs, structurés autour des interactions des femmes avec la loi au cours de leur vie et leur carrière. Outre la « rémunération » dans laquelle Madagascar a obtenu le score de 25 sur 100, il y a l’indicateur « mobilité » qui examine les entraves à la liberté de circulation dans lequel le pays a eu le score de 75 sur 100.

 

Pour les autres indicateurs, il y a le « travail » qui analyse les lois qui affectent la décision des femmes de travailler (100/100), le « mariage » qui évalue les contraintes juridiques associées (80/100), la « parentalité » qui examine les lois qui affectent l’emploi des femmes après avoir eu des enfants (40/100). Viennent ensuite « l’entrepreneuriat » qui analyse les entraves à la création et la gestion d’entreprises pour les femmes (75/100), les « actifs » qui considèrent les différences entre les sexes en matière de droit matrimonial et successoral (60/100) et la retraite qui évalue les lois qui affectent le montant des prestations de retraite d’une femme (100/100).