ENERGIE – La CGHV à la recherche d’environ 400 millions d’euros pour le projet Volobe

Antananarivo, 16 Février, 18h35 – Des fonds à trouver. Le coût total de développement, de construction et de financement du projet hydroélectrique de Volobe s’élève autour de 550 millions d’euros. 25% de ce besoin seront financés par son promoteur alors que les 75%, soit environ 400 millions d’euros, devront être fournis par les banques de développement. C’est ce que le directeur général de la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV), Rémy Huber, a livré à la presse ce vendredi.

Une dizaine de banques de développement seraient déjà intéressées à financer ce projet. La Société financière internationale (SFI) du groupe de la Banque mondiale appuie également la CGHV dans cette quête de financement. Les deux parties concoctent actuellement un tour de table des bailleurs, en vue de sélectionner les banques qui offrent les meilleures conditions et de négocier les contrats avec ces institutions financières pour avancer. « Car c’est l’obtention du financement qui va conditionner le début des travaux », expose Rémy Huber. La CGHV s’y attèle donc en vue de rassembler les fonds nécessaires pour l’année prochaine.

La CGHV travaille parallèlement sur le contrat d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) pour ce projet hydroélectrique. C’est le contrat qui va englober l’ensemble des travaux à entreprendre. « Notre objectif est d’avoir les meilleures conditions avec les meilleures entreprises pour avoir le prix le plus compétitif possible, compte tenu du niveau de qualité que nous cherchons à obtenir », avance le directeur général de cette compagnie.

Avec la sortie officielle de Colas du pacte d’actionnaire de la CGHV, un appel d’offre international va être lancé cette année pour sélectionner l’EPC Contractor qui va le remplacer. Ce processus prendra environ un an, dont une phase de présélection qui pourra prendre deux à trois mois. Viendra ensuite la phase de consultation qui va se focaliser autour de cinq entreprises internationales et enfin le dépouillement et la négociation des contrats, détaille Rémy Huber.

Avec tous ces préalables, la CGHV envisage le démarrage des grands travaux pour Volobe en 2025 avec une réception complète de la centrale prévue en 2029. Cette compagnie aura d’ailleurs encore une quinzaine de permis et autorisations à obtenir auprès d’une dizaine de ministères différents avant le début des travaux.

Les actions tournées vers le local vont en tout cas se poursuivre cette année, rassure la CGHV, dont celles concernant la sécurisation foncière. Le promoteur de Volobe avance également la mise en place de structure permettant de collecter les plaintes et les attentes des communautés locales ou encore l’amélioration de l’accès à son site, en partenariat avec la région Atsinanana ainsi que les communes concernées.

Pour ce qui est de l’entrée de l’Etat dans le capital de la CGHV, Rémy Huber indique que celui-ci peut être actionnaire de la compagnie jusqu’à hauteur de 20% au moment de la clôture financière du projet. C’est ce qui a été convenu lors de la signature des contrats de concession et d’achat d’énergie, l’année dernière, rappelle-t-il. « Nous avons déjà eu et nous aurons encore des discussions fréquentes avec les autorités malgaches pour voir les conditions dans lesquelles l’Etat entre effectivement dans le capital de la CGHV, que ce soit en termes de règle dans le pacte d’actionnaires ou en termes de financement », lance-t-il alors.

Rémy Huber souligne cependant que ce n’est pas la CGHV qui va financer cette entrée de l’Etat en tant qu’actionnaire de la compagnie. « Nous avons par contre convenu avec l’Etat de l’aider à aller chercher ce financement auprès des bailleurs de fonds. Le financement à trouver est entre 20 à 25 millions d’euros et devra être sous forme de dons », a-t-il confié. Pour l’heure, les actionnaires actuels de la CGHV sont le groupe panafricain Axian et Africa 50.