FUSILLADE ANDOHANIMANDROSEZA – La Gendarmerie explique son silence

Antananarivo, 23 novembre, 16h22 – La gendarmerie donne une partie de sa version. Elle affirme que l’affaire de la fusillade d’Andohan’i Mandroseza, se soldant par le décès de cinq individus mardi, n’est pas encore close. « Nous ne pouvons pas encore divulguer les détails de l’affaire. Nous sommes encore en pleine enquête. Certaines informations restent encore à développer au cours de l’investigation », assure le Lieutenant-Colonel Tojomalala Raoilijon, commandant du groupement de la gendarmerie à Analamanga, jeudi.

L’officier supérieur confirme la « retenue » de la gendarmerie concernant la publication des informations deux jours après l’événement. « Ce qu’on peut dire ce qu’il y avait trois individus qui ont réussi à s’échapper. Il y a encore des armes qui circulent », affirme-t-il. « Mais encore, nous sommes en train de constituer les preuves. Nous procédons encore aux auditions. Nous ne pouvons pas publier des éléments car cela pourrait compromettre la recherche d’éventuels complices », tempère-t-il, pour évoquer l’enquête confiée à la compagnie d’Antananarivo-ville.

Le Lt-Colonel Tojomalala Raoilijon distille quelques détails sur les circonstances de la fusillade. « La voiture avait déjà fait l’objet de recherche (…) C’est normal que l’alerte ait été donnée dès qu’on l’a retrouvée », explique-t-il. « Une était engagée (…) Il existe deux cas d’ouverture de feu : soit suite à un refus d’obtempérer, soit après ouverture de feu. Il y avait des armes [dans la voiture poursuivie] », avance-t-il pour expliquer l’initiative des éléments des forces de défense et de sécurité.

L’officier supérieur touche quelques mots sur les individus tués. « Les victimes des précédentes attaques confirment l’identité des assaillants. Il y avait des images en provenance des caméras de surveillance qui sont formelles (…) Il y avait également des effets volés retrouvés dans le véhicule », souligne-t-il.

Le commandant du groupement de la gendarmerie à Analamanga déplore certaines publications évoquant l’événement sur les réseaux sociaux. Il concède qu’« il y avait de l’argent liquide dans la voiture. Mais le volume est très loin des supputations qu’on laisse circuler ».

L’officier supérieur assure qu’« il n’y avait pas de gendarmes ou policiers [parmi les individus tués lors de la fusillade] (…) On parle d’éléments des forces de défense et de sécurité missionnés par l’Etat (…) Tout cela n’est qu’une manière de dénigrer la gendarmerie », déplore-t-il. « Pour l’instant, nous préférons encore garder le silence. Mais nous allons ouvrir une enquête sur ces affirmations répandues sur Facebook plus tard. Nous allons apporter des preuves sur tout cela et on fera respecter la loi », réplique-t-il.

Dans la journée, Pierrot Razafindranamana, directeur de cabinet de Christine Razanahamasoa, apporte des précisions «face aux informations qui circulent sur les réseaux sociaux et face aux appels [téléphoniques] reçus». Il assure que l’une des personnes tuées, identifiée sur le lieu de la fusillade « ne fait pas partie du cabinet de la présidente de l’Assemblée nationale ». « Aucun des quatre individus tués ne fait non plus partie des gardes du corps de la présidente de l’Assemblée nationale. Ils ne font pas non plus partie du personnel de la direction de la sécurité du palais », ajoute-t-il, aux côtés du directeur de la sécurité du Palais.