ENSEIGNEMENT SUPERIEUR – Les associations d’étudiants de l’Université d’Antananarivo réclament le retour des cours à la normale afin de préserver l’ordre au sein de l’Université.
Antananarivo, 18 Mai, 6h07 – Les étudiants de l’Université d’Antananarivo tapent du poing sur la table. Ils préviennent les autorités des conséquences éventuelles de la non-résolution des problèmes au sein de leurs établissements. « Nous demandons la résolutions des problèmes qui provoquent l’arrêt des cours. Nous en avons besoin rapidement afin de préserver l’ordre au sein de l’Université », écrivent-ils dans une lettre adressée signée de plusieurs présidents d’associations d’étudiants de l’Université d’Antananarivo. La lettre en question est adressée au président de la République, au ministre de tutelle, au président de l’Université et au syndicat des enseignants-chercheurs et des chercheurs-enseignants. Joint au téléphone un des délégués des étudiants affirment la possibilité d’une manifestation importante des étudiants si la situation ne se décante pas.
Pour ces étudiants, la crise qui touche l’Université d’Antananarivo actuellement les impacte directement. « Nous souffrons car cela fait plusieurs mois que les cours sont suspendus », peut on lire dans la missive. » Les étudiants réclament la reprise des cours afin de conclure l’année universitaire en cours et ainsi pouvoir se projeter à la suivante », poursuivent les signataires. « Nous demandons aux responsables de penser à nous et de rétablir un calendrier qui suit les normes internationales », ajoutent-ils. Les étudiants demandent « l’amélioration de l’enseignement au niveau de l’Université ». Parmi les réclamations figure le paiement des arriérés des bourses d’études « de l’année universitaire en cours mais aussi de l’année dernière ».
Ces dernières semaines, les cours ont été perturbés puis suspendus depuis la mi-avril suite à l’organisation par le Seces de son opération « Universités et Centres de recherche morts ». Les enseignants syndiqués réclament toujours la promulgation de la loi sur l’autonomie des universités déclarée non conforme à la Constitution par la Haute Cour constitutionnelle. La semaine dernière, la section Antananarivo du syndicat faisait même entendre la possibilité d’une grève illimitée. Plusieurs tractations avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique et avec d’autres institutions étatiques la semaine dernière n’ont pas résolu le problème.
Les années universitaires sont habituellement entrecoupées de manifestations d’étudiants, d’enseignants ou du personnel administratif et technique, principalement pour revendiquer le paiement des bourses d’études et/ou des rémunérations. L’Etat a lancé le projet de digitalisation afin d’accélérer les procédures de paiement, entre autres, mais le processus de mise en place du nouveau système n’est pas encore tout à fait au point. Les perturbations habituelles au sein de l’Université n’ont donc pas encore cessé.