Des recommandations concrètes et structurantes attendues. Les trois jours de consultation nationale sur l’éducation, organisés du 28 au 30 avril à Mahamasina entendent sortir des résolutions destinées à améliorer la qualité de l’enseignement à Madagascar. Réunis en groupes de travail, les principaux acteurs du secteur doivent aboutir à des propositions opérationnelles visant à améliorer durablement le système éducatif, en agissant sur les enseignants, les élèves, les infrastructures et la problématique du redoublement.
A Madagascar, la qualité de l’éducation reste un défi majeur, au regard des réalités de terrain. Malgré les efforts engagés par le ministère de l’Éducation nationale, le chemin reste long pour faire de la qualité une priorité. Le système éducatif fait notamment face à un taux élevé d’abandon scolaire, ainsi qu’à un décalage préoccupant entre le niveau réel des élèves et celui attendu dans leur classe.
Selon le Directeur général de la Pédagogie (DGP) auprès du ministère de l’Éducation nationale (MEN), Yves Martin Razafimandranto, cette situation s’explique en grande partie par le manque de formation d’un grand nombre d’enseignants et par l’insuffisance des équipements pédagogiques. À cela s’ajoutent des facteurs sociaux importants, notamment en milieu rural, où certains élèves sont contraints d’interrompre leur scolarité pour travailler ou répondre à des obligations familiales. Les catastrophes naturelles perturbent également la continuité des cours.
Face à ces difficultés, le ministère et ses partenaires multiplient les initiatives. “Des cantines scolaires ont été déployées dans les zones vulnérables. Si les élèves mangent à leur faim, ils sont plus motivés et plus concentrés en classe, ce qui contribue à la fréquentation des écoles”, souligne le DGP. Des dispositifs de rattrapage sont également prévus en cas d’interruption des cours liée aux cyclones ou autres aléas climatiques, avec l’appui de partenaires pour l’installation de tentes-écoles. Par ailleurs, une réforme des programmes scolaires est en cours depuis quatre ans afin de mieux répondre aux réalités actuelles, avec un programme révisé progressivement diffusé.
La consultation réunit des acteurs issus du MEN, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des ONG. Elle sera suivie d’une concertation élargie impliquant les trois ministères en charge de l’enseignement : le ministère de l’Éducation nationale, le ministère de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, ainsi que le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Les recommandations formulées durant ces trois jours alimenteront la concertation nationale pour la refondation du système éducatif.
