Antananarivo, 2 Octobre, 11h55 – En hausse. Le total du financement climatique à Madagascar au cours de l’année 2023 s’élève à 522 millions de dollars. Il s’agit du financement le plus conséquent affecté à ce secteur enregistré ces huit dernières années. En 2021, ce financement s’était élevé à 454 millions de dollars. En 2022, il tournait autour de 385 millions de dollars en 2022. Ces chiffres sont présentés dans le rapport conjoint 2023 des Banques multilatérales de développement (BMD), publié au mois de septembre de cette année.
Ce rapport a été préparé par un groupe de BMD, composé de la Banque africaine de développement (BAD), la Banque asiatique de développement (BAD), la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII) et la Banque de développement du Conseil de l’Europe (CEB). La Banque européenne d’investissement (BEI), le Groupe de la Banque interaméricaine de développement (GID) ou encore le Groupe de la Banque mondiale (GBM), s’y sont également impliquées.
La BAD avait déjà exposé dans son rapport pays 2023 de Madagascar que les financements climatiques mobilisés entre 2019 et 2020 ne représentent que 16% des besoins du pays. Et ces ressources provenaient à 95 % de sources publiques, contre 5 % de sources privées. Cette institution financière estime alors que l’écart, estimé à 2,22 milliards de dollars en moyenne par an, pourrait être résorbé par une mobilisation plus forte du secteur privé.
Toutefois, “en considérant que les contributions publiques restent stables au cours des prochaines années, la contribution actuelle du secteur privé doit augmenter d’au moins 85 fois pour satisfaire l’intégralité des besoins du pays”, avance la BAD.
Des actions concertées devraient être entreprises pour encourager le financement climatique du secteur privé. L’État devrait, selon la BAD, renforcer le cadre réglementaire, législatif et institutionnel favorable à l’utilisation des instruments de financement climatiques innovants et mettre en place un fonds national climat ainsi qu’une réserve de projets verts bancables.
Les BMD et les Institutions financières de développement (IFD) devraient de leur côté jouer un rôle catalyseur dans la mobilisation des financements climatiques à Madagascar en fournissant des ressources concessionnelles pour des investissements en faveur de la croissance verte. Elles devraient également fournir des garanties aux institutions financières locales pour diminuer le risque dans les investissements climatiques. Et elles devraient renforcer les capacités de l’administration et du secteur privé en matière de croissance verte, d’après toujours la BAD.
Le secteur privé national et international devrait, pour sa part, identifier les investissements climatiques qui valorisent le capital naturel pour promouvoir une croissance et des emplois verts. Et ce, en collaboration avec l’État, les BMD et les IFD, recommande la BAD.
