Antananarivo, 3 Octobre, 9h15 – Antananarivo étouffe sous les fumées. « Le 1er Octobre, les taux de particules fines à Tana étaient plus de dix fois supérieurs aux normes fixées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) », annonce le think-and-do tank Initiative pour le développement, la restauration écologique et l’innovation (Indri).
Ayant mesuré la concentration des particules dans la capitale, l’organisation a constaté que « même dans les bureaux et les jardins, loin des voitures, les chiffres sont élevés ». Le taux de matières particulaires fines mesuré dans un jardin par l’organisation était par exemple de 160 microgrammes par mètre cube, alors que le taux moyen sur 24 heures devrait être, selon les normes de l’OMS, de 25 microgrammes par mètre cube, indique-t-elle
« La fumée des feux est partout », alerte l’Indri. A l’entendre, cette pollution est due aux « importants feux de végétation dans la région d’Analamanga, créant d’épaisses fumées qui sont poussées par le vent jusque dans la capitale ». Ces fumées viennent s’ajouter à la pollution automobile et expose la population à « une pollution dangereuse, surtout pour les personnes à risque », poursuit-elle, craignant pour la santé, entre autres, « des femmes enceintes, des enfants, des asthmatiques, des diabétiques et des personnes âgées ».
Selon une publication récente de la ministre de l’Environnement et du développement durable, les mois de septembre à décembre sont une période très lourde pour son ministère, compte tenu de l’ampleur des feux de brousse et de forêt. Elle indique que Madagascar ne dispose que d’un agent forestier pour 210 000 ha de forêts, rendant difficile la lutte contre les feux.
Dans cette publication, Baomiavotse Vahinala Raharinirina en appelle à tous les citoyens et les autorités à « donner la main pour lutter contre les feux et réduire ainsi les surfaces brûlées et réduites en cendres ». La plateforme Agora des paysages et des forêts mise en place par l’Indri devrait mobiliser les différents acteurs pour trouver des solutions systémiques au problème des feux, souligne le think-and-do tank.