Antananarivo, 2 Août, 8h25 – Des enquêtes supplémentaires à mener. Revenus d’une première enquête menée au lendemain du signalement de l’échouage d’une vingtaine de dauphins au sein du parc national marin de Nosy Hara, les scientifiques du Centre national de recherches océanographiques (CNRO) et de Madagascar National Parks (MNP) ne sont pas encore parvenus à une conclusion claire quant à la cause du drame.
Dans un communiqué publié vendredi soir, le CNRO souligne que “le rapport préliminaire présenté par les scientifiques ne permet pas encore d’identifier avec certitude les causes de l’échouage”. Le centre estime qu’une enquête scientifique plus poussée devrait être faite pour faire toute la lumière sur ce qui s’est passé. “Les chercheurs appellent à une enquête approfondie”, précise le Centre, sollicitant une implication des autorités compétentes en matière de pêche et de protection des zones marines dans ces recherches supplémentaires.
Dans leur rapport préliminaire, les scientifiques qui sont allés sur les lieu du drame et qui ont examiné les dauphins morts excluent toutefois déjà l’hypothèse d’une attaque par des prédateurs. “Aucune lésion externe n’a été observée”, expliquent-ils. Les lésions internes, elles, auraient pu être causées par les racines de palétuviers recouvertes d’huîtres, analysent-ils encore. Ils estiment aussi que les cadavres auraient été entrainés depuis la dune initiale jusqu’au mangrove par les courants de marée associés à une grande marée.
Pour ce qui est la cause de l’échouage, des enquêtes devraient ainsi encore être menées. Lors du signalement du drame, Madagascar national parks avait soulevé quelques pistes. Il a notamment évoqué l’utilisation possible de sonars par des navires de passage, susceptible de perturber l’écholocation des dauphins, ou encore la fuite de cétacés plus imposants, comme les baleines, qui aurait pu entraîner les dauphins vers la côte, où ils auraient été piégés. Les éléments topographiques de la zone d’échouage “rendent techniquement possible le passage des dauphins jusqu’à la baie, mais aussi leur désorientation ou leur piégeage en cas de conditions inhabituelles”, précise le CNRO.
Dans son communiqué, le CNRO laisse entendre le long délai passé entre la survenue du drame et son signalement pour expliquer les difficultés de l’enquête. Il insiste notamment sur “l’importance de sensibiliser les communautés locales à signaler rapidement ce type d’évènement, afin de préserver les preuves et d’améliorer la réponse scientifique”.
Le CNRO rappelle que c’est un pêcheur du hameau d’Antsako qui a découvert les corps sans vie de 22 de dauphins échoués sur une dune de sédiments à marée basse. L’alerte n’a cependant été donnée que quatre jours plus tard, regrette le Centre. “L’information n’a été partagée au Président des pêcheurs que quatre jours plus tard, déclenchant ainsi la mobilisation des équipes scientifiques”, écrit-il.
