ENVIRONNEMENT – Le développement d’un mécanisme de financement engageant le secteur privé parmi les pistes pour combler le gap financier dans la protection de la biodiversité
Antananarivo, 7 Septembre, 9h15 – Un gap financier à combler. La stratégie de protection de la biodiversité de Madagascar, des forêts et autres habitats naturels, s’appuie sur son réseau de 123 aires protégées avec un budget annuel moyen de 42 à 70 millions de dollars, indique président du conseil d’administration de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité à Madagascar (FAPBM), Bruno Rajasper. Mais même si ces aires protégées sont parrainées par de nombreuses organisations, un gap financier existe, expose-t-il en marge de la signature d’une convention de financement en faveur d’un projet de restauration forestière dans l’aire protégée de Maromizaha, lundi.
La FAPBM avait déjà indiqué dans son Livre blanc issu de l’étude sur la valeur économique des aires protégées de Madagascar que la Grande île reçoit annuellement entre 52 et 60 millions de dollars pour la conservation de la biodiversité incluant les aires protégées. Or, le maintien de celles-ci représente une contribution mondiale d’une valeur de 572 à 660 millions de dollars par an.
Ce déficit de financement est « une cause majeure de la perte progressive de la biodiversité à Madagascar qui menace l’équilibre écologique, la sécurité alimentaire, l’économie des communautés et des ménages, et par ricochet la sécurité sociale », reprend Brune Rajasper. Aussi, pour combler ce manque à gagner, la FAPBM vise à développer un mécanisme de financement innovant en engageant le secteur privé, alors que la plupart de leurs activités économiques sont dépendantes des ressources naturelles environnantes, poursuit encore le PCA de cette fondation.
La FAPBM avait signé avec la BNI Madagascar une convention de financement d’un projet de restauration forestière dans l’aire protégée de Maromizaha gérée par le Groupe d’études et de recherche sur les primates (GERP). Le financement portera sur l’entretien de 62 hectares de zones dégradées restaurées qui nécessitera la plantation de 45 000 jeunes plants, essentiellement des espèces autochtones sur une période d’un an.
C’est une approche qui s’aligne avec les intérêts des communautés locales, d’après le directeur exécutif du GERP, le professeur Jonah Ratsimbazafy. « Elle soutiendra la création et le maintien des emplois et indirectement les activités génératrices de revenus dépendantes des ressources naturelles », souligne-t-il.