ENVIRONNEMENT – Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) en appelle à sortir le plus rapidement des énergies fossiles pour limiter le réchauffement climatique
Antananarivo, 6 Avril, 6h47 – « Il faudra notamment réduire l’utilisation des combustibles fossiles, procéder à une électrification d’envergure, améliorer le rendement énergétique et user de carburants de substitution, tels que l’hydrogène ». Les recommandations du groupe de travail III du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans son rapport de 2022 publié lundi met en avant la nécessité de prendre « d’importantes mesures de transition dans le secteur énergétique pour limiter le réchauffement climatique ».
L’objectif est « une réduction immédiate et radicale des émissions dans tous les secteurs », indique le communiqué du Giec. Ces émissions doivent être réduites de 60% d’ici 2030 au risque de ne plus pouvoir limiter le réchauffement planétaire à 1,5°C, renchérit le bureau à Madagascar du Fonds mondial pour la nature (WWF Madagascar) dans un communiqué de presse rapportant le rapport du Giec. Et pour cela, « sortir rapidement des énergies fossiles est vital », poursuit-il.
Selon les données de WWF Madagascar, en 2019, fin de la décennie 2010 où les émissions de gaz à effet de serre ont été plus élevées que toute autre décennie dans l’histoire de l’humanité, « le pétrole contribuait à 33%, le gaz à 21% et le charbon minier à 39% des émissions des 36,4Gt de CO2 » dans le monde. A Madagascar, « bien que la transition énergétique soit enclenchée, environ 60% de l’énergie électrique que nous consommons est encore obtenue à partir de la combustion de carburants fossiles importés sans que cela ne permette l’accès de tous et de manière durable à l’électricité ».
WWF Madagascar recommande ainsi que pour la Grande île, « le choix doit se porter vers le développement de systèmes énergétiques à faible émission ». « Les solutions ne manquent pas, mais il ne faut pas traîner », poursuit l’organisation. Elle met notamment en avant la nécessite d’accélérer le développement de l’électricité verte dont les plans et les programmes existent mais dont la mise en œuvre doit être accélérée. Elle parle, entre autres, des orientations inscrites dans la Stratégie Nationale d’Approvisionnement en Bois Energie, et du développement des systèmes de transport permettant de limiter la demande croissante en carburants fossiles.