ENVIRONNEMENT – Le stock de bois de rose estimé entre 5 et 7 milliards de dollars, selon le colonel Michaël Randrianirina

La question épineuse de la filière bois de rose a de nouveau été mise sur le devant de la scène lors du déplacement du colonel Michaël Randrianirina, président de la Refondation, dans la région Sava. A Antalaha, ce mercredi, lors d’une consultation publique, le Chef de l’État a révélé que la valeur des stocks de ce bois précieux atteindrait des milliards de dollars.

“Il existe une quantité importante de bois de rose entreposée dans des camps à Antananarivo. J’ai discuté avec les techniciens. Ils ont estimé la valeur de ces stocks entre 5 et 7 milliards de dollars”, confie le locataire d’Iavoloha. Le président de la Refondation déplore l’état actuel de ces bois précieux, évoquant des stocks « recouverts de poussière » dont l’état de conservation reste à déterminer.

Le Chef de l’État souligne que le gouvernement partage la “même vision” que la population de la SAVA. Selon lui, la mobilisation de cette ressource financière représenterait un levier de développement sans précédent. A l’entendre “ces milliards de dollars permettraient de régler la majeure partie des problèmes sociaux et économiques qui font souffrir Madagascar”.

Toutefois, l’exploitation commerciale de ces stocks se heurte à un obstacle juridique de taille avec la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites). Bien que cet accord international bloque actuellement toute vente, le colonel Michaël Randrianirina affirme que des discussions sérieuses sont en cours pour permettre à Madagascar de régulariser et d’écouler ses stocks de manière légale.

La Convention de Cites en 2013 ne me permet pas à Madagascar de vendre les stocks de bois de rose après le pillage intensif, particulièrement lors de la crise politique de 2009. L’État malgache est depuis confronté au défi de la gestion des stocks saisis et des stocks déclarés. Le pays tente régulièrement de convaincre la communauté internationale de l’autoriser à procéder à une vente exceptionnelle sous contrôle strict, afin de financer la protection des parcs nationaux et des projets de développement.