ENVIRONNEMENT – Madagascar veut renégocier les bases de l’inventaire de ses stocks de bois précieux qui auraient pu être gonflés, selon Vahinala Raharinirina

Antananarivo, 11 Septembre, 20h45 – Madagascar veut changer la méthodologie de l’inventaire de son stock de bois précieux. Baomiavotse Vahinala Raharinirina, ministre de l’Environnement et du développement durable, a annoncé ce vendredi la volonté du gouvernement de « renégocier la méthodologie de l’inventaire qui a été appliquée jusqu’ici ». Celle-ci « n’est plus à jour », indique-t-elle.
Selon les recommandations de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites), l’inventaire du tiers des stocks de bois précieux saisis et déclarés constitue l’une des conditions à l’éventuelle autorisation de vente des stocks de bois précieux de Madagascar. Or, selon la ministre en charge de l’Environnement l’estimation des stocks sur laquelle l’inventaire a jusqu’ici été basé « aurait pu être gonflée ».
« On ne peut pas dire qu’on va faire 30% d’inventaire de quelque chose qu’on ne connaît pas », souligne-t-elle. Pour elle, le décompte doit « partir de l’existant ». L’idée du ministère serait donc de partir de « l’état du bois saisi actuel ». Elle espère que cela va emmener « vers la facilitation des déclarations de ceux qui détiennent encore du bois précieux ».
En 2011, les autorités de la transition avaient demandé aux opérateurs de la filière bois à déclarer de façon spontanée leur stock de bois précieux. Mais « le fait d’avoir fait une déclaration de stocks est un acte qui n’établit pas nécessairement la réalité des stocks chez le déclarant », avait déjà reconnu le gouvernement en 2016.
Dans le rapport soumis à la Cites à l’époque, il était indiqué que « les fausses déclarations sont monnaie courante ». Ayant décidé de considérer ces chiffres uniquement comme une indication, sans garantir l’existence réelle ni l’intégralité et la nature des produits, le gouvernement de l’époque avait suggéré, parallèlement à l’inventaire, « une deuxième phase d’audit ».
Les déclarations de 2011, considérées comme « fantasmatiques » par Baomiavotse Vahinala Raharinirina, étaient faites par 104 opérateurs. Le volume déclaré était de 24813 mètres cubes pour un total déclaré de 235768 rondins répartis sur 191 lieux de stockage.